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Constitution : une réforme en pleine crise sanitaire

Constitution
Une réforme en pleine crise sanitaire

Ce lundi 16 mars, la Cour constitutionnelle a confirmé la constitutionnalité du projet de révision de la Constitution signé par Vladimir Poutine deux jours plus tôt.

Le 10 mars, la députée et ancienne cosmonaute Valentina Terechkova avait suggéré d’intégrer au texte un amendement annulant le nombre de mandats passés du président et autorisant ainsi Vladimir Poutine à se représenter en 2024. La proposition avait été acceptée après un de ces coups de théâtre dont la politique russe a le secret : suspension de séance, arrivée de Vladimir Poutine à la Douma, discours poignant sur la nécessité de rassurer la population face aux incertitudes de l’avenir.

Devant ce qui a tout l’air d’une mise en scène, une question s’impose : la réforme constitutionnelle ne serait-elle qu’un moyen masqué, pour l’actuel chef de l’État, de se maintenir au pouvoir ?

Une constitution vieillissante

Le débat sur la nécessité d’une réforme constitutionnelle date au moins du 25e anniversaire de la loi fondamentale, fêté en 2018 (également l’année de la dernière réélection de Vladimir Poutine). Depuis, le président de la Cour constitutionnelle, Valeri Zorkine, le Premier ministre de l’époque, Dmitri Medvedev, le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, se sont tous prononcés en ce sens, de manière plus ou moins insistante. Dans l’ensemble, tous s’accordent sur le fait que l’exécutif concentre trop de pouvoirs et qu’il serait bon de rétablir l’équilibre institutionnel.

En réalité, la question n’a jamais été désintéressée et le fard juridique ou philosophique masque des préoccupations bien précises. Tous s’inquiètent en effet de l’« après 2024 » : en l’état actuel de la Constitution, Vladimir Poutine ne pourra se présenter, à cette date, pour un troisième mandat consécutif. Or, l’appréhension qui s’empare, à cette idée, de l’élite proche du pouvoir concerne moins celui qui prendra sa suite que la concentration des pouvoirs entre ses mains inexpérimentées.

Valentina Terechkova. Photo : Kremlin.ru

Pour une large partie de la classe politique, Vladimir Poutine apparaît comme un arbitre, comme l’incarnation du système de contrôle et d’équilibrage qui fait tant défaut à la Russie d’aujourd’hui.

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Ivan Davydov