Poutine-De Gaulle : Deux destins providentiels

Au milieu du mois d'octobre dernier, Vladislav Sourkov, conseiller de Vladimir Poutine, appelait à analyser le « poutinisme » comme une manière de gouverner « particulièrement efficace » et « à la portée mondiale ». 

La proposition suscite l’enthousiasme de certains politologues proches du pouvoir, qui y voient une promesse de bourses d’études – voire la création d’un Institut de recherche et de développement du poutinisme, richement doté. D’autres commentateurs et responsables politiques – pas nécessairement d’opposition – se montrent plus prudents.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, approuve l’idée, tout en confiant que le terme de « poutinisme » le « laisse froid ». Ces précautions se comprennent aisément : à l’oreille des Russes, cela sonne trop « marxisme-léninisme », et bien que la glorification de l’« héritage soviétique » soit le nouveau sport à la mode dans le pays, même les plus nostalgiques partisans de l’URSS ne peuvent réprimer un rictus amer à l’évocation de son idéologie. 

Quel que soit le mot utilisé pour désigner le système mis en place par Vladimir Poutine et son legs politique, il importe sans doute moins que la lignée de précurseurs ou d’inspirateurs dans laquelle s’inscrit le président russe.

Vladislav Sourkov et Vladimir Poutine en 2012. RIA Novosti / Alexei Nikolsky

Les admirateurs de Vladimir Poutine ont comparé ce dernier tantôt à Pierre le Grand (1672-1725), tantôt à Nicolas Ier (1796-1855), tantôt même à Staline (le vainqueur de 1945, pas l’architecte de la Grande Terreur). Toutefois, aucune de ces comparaisons n’est pleinement satisfaisante. Nicolas Ier a perdu la guerre de Crimée (1853-1856), alors que Vladimir Poutine, d’une certaine façon, l’a remportée… Quant à Staline, il reste en premier lieu le meurtrier de millions de personnes, et son « miracle économique » a abouti à l’effondrement de la production soviétique (et de l’URSS) en quelques décennies.

Au demeurant, dès le début de la carrière de Vladimir Poutine, une autre grande figure historique est évoquée à son propos : le général De Gaulle.

L’ombre du général

En 2000, Vladimir Poutine, qui vient d'être désigné par Boris Eltsine comme son successeur au Kremlin, est en tête des sondages pour la présidentielle grâce à la détermination dont il fait preuve dans la Seconde Guerre de Tchétchénie.

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Ivan Davydov

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