Chute du mur de Berlin : la grande Europe manquée

Il y a trente ans, le 9 novembre 1989, tombait le mur de Berlin, un des pires symboles de la « guerre froide ».

Ce jour-là, je me trouvais à Berlin-Ouest, où une conférence rassemblait une vingtaine de « jeunes leaders européens » ‒ trentenaires ambitieux et dynamiques venus de tout le Vieux Continent, intellectuels et hommes politiques un peu idéalistes, un peu romantiques.

À bas le mur !

Lorsque le bruit des premiers coups de pioche entamant le « mur de la honte » parvient jusqu’à nous, nous interrompons immédiatement nos débats sur l’avenir de l’Europe, attrapons quelques outils de fortune et nous dirigeons vers la porte de Brandebourg, où notre troupe hétéroclite se fond dans la foule.

La destruction du symbole de la division de l’Europe n’est pas une mince à faire. Ce mur solide, d’un béton armé d’acier, avait été construit pour durer indéfiniment. Marteaux et pioches semblent glisser sur la paroi, sans réussir à l’éventrer. Notre euphorie se heurte à la dure réalité.

L’Europe une et indivise est demeurée un rêve.

Un temps, l’inquiétude nous saisit : et si nos efforts n’étaient pas à la hauteur du moment historique ? Elle est de courte durée. Bientôt, le mur est percé, le contact s’établit avec les Allemands de l’Est qui l’ont attaqué de leur côté. Nous redoublons d’ardeur, relayés ensuite par des engins de chantier sortis de nulle part et accueillis par des cris de joie.

Tous ont les yeux enflammés, nous sommes comme ivres.

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Andreï Kortounov

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8 novembre 2019