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Manifestations, arrestations : À Moscou, août sera chaud

Manifestations, arrestations :
À Moscou, août sera chaud

D'ordinaire, en Russie, comme en France, la vie politique tourne au ralenti au mois d’août. Les talk-shows et émissions qui lui sont consacrées font place à des journaux télévisés plus légers, où variations météorologiques et cueillette des champignons sont mis à l'honneur : après tout, le téléspectateur aussi a le droit de souffler. Pas cette année.

Dès le 8 septembre, se tiendront des élections de différents niveaux dans tout le pays. On pourrait s’étonner de cet étrange choix de calendrier. En réalité, le pouvoir a tout intérêt à ce que les campagnes électorales soient les plus mornes et les plus courtes possibles, afin de limiter l’intérêt de la population et sa participation aux scrutins. Dans ce contexte, pour l’opposition, il est toujours difficile de mobiliser militants, sympathisants et indécis, en deux semaines, au sortir de l’été.

Mais, ces derniers temps, les choses ne se déroulent pas comme prévu : l’élection au parlement municipal de Moscou (Mosgordouma) mobilise - deux mois avant le scrutin - l’attention de tout le pays. Habituellement, le renouvellement de cette assemblée locale au pouvoir très relatif, considérée comme la chambre d’enregistrement de la mairie, ne passionne pas les foules Or, cette année, l’opposition accuse la Commission électorale d’avoir falsifié une trentaine de candidatures afin d’écarter tous ses candidats. Les 20 et 27 juillet, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale pour réclamer « des élections libres ». Si le premier rassemblement était autorisé, les pouvoirs publics avaient interdit le second.

Après la très impopulaire réforme des retraites, votée il y a un an, Vladimir Poutine avait vu sa cote de confiance sensiblement baisser dans les sondages.

Très loin de la violence aperçue lors des manifestations des Gilets jaunes à Paris, le spectacle de ces jeunes Moscovites défilant sur les trottoirs de la capitale et traversant la rue au feu vert avait cependant quelque chose de déroutant pour le Russe lambda. Leur pacifisme affiché n’a toutefois pas eu l’effet escompté sur la police, massivement présente aux alentours de la mairie, lieu de leur dernier rassemblement : elle a procédé à plus de mille interpellations selon le ministère de l’Intérieur. Des arrestations jugées nécessaires selon les forces de l'ordre - et les journalistes de la chaîne de télévision nationale Rossiïa - qui mettent en avant les « provocations » des manifestants.

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