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Les Russes en mal de solidarité

Les Russes en mal de solidarité

Dans une chronique pour le site Gazeta.ru, l’écrivain Andreï Desnitski revient sur trente ans d’aspirations des Russes.

Au moment de la perestroïka [à la fin des années 1980], les Russes aspiraient à la liberté : ils voulaient pouvoir parler de tout, voyager et profiter de leur temps libre à leur guise. Rêve ultime : voter pour le candidat de leur choix, sans qu’il soit nécessairement communiste. L’URSS fut incapable d’accéder à ces demandes et s’effondra.

Dans le chaos et la violence des années 1990, les Russes rêvèrent soudain de stabilité et de croissance. Sortir de la misère, toucher son salaire en temps et en heure, et, encore et toujours, voir le monde – certes, ils avaient maintenant un passeport, mais pas d’argent. Quant à la liberté, ils y avaient goûté, elle leur avait laissé un goût amer, et ils ne la désiraient plus avec autant d’ardeur.

Paradoxalement, le désir d’honnêteté eut plus d’effets négatifs dans le camp de l’opposition que du côté du pouvoir.

Puis vinrent les années 2000, la décennie faste. Les Russes se mirent à réclamer respect et reconnaissance. « En quel honneur se permet-on de nous traiter comme des Papous ?, s’indignaient-ils. Nous ne sommes pas ce soi-disant pays où rien de bon n’arrive jamais.

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Traduit par Julia Breen