Conflit Inde-Pakistan, 
un casse-tête chinois pour Moscou

La Russie est la première puissance étrangère à avoir proposé son aide dans le règlement de la nouvelle crise opposant l’Inde et le Pakistan. Sur ce dossier, Moscou semble toutefois avoir agi par une sorte de réflexe diplomatique, sans grande conviction, trop consciente de la difficulté de parvenir à un apaisement entre deux pays en conflit depuis plus d’un quart de siècle.

Le 27 février, le ciel du Cachemire, la région au cœur du conflit opposant l’Inde et le Pakistan depuis 1947, est le théâtre d’une bataille aérienne intense mettant aux prises trente-deux avions de combat, huit côté indien (quatre SU-30MKI russes, deux Mig-21 soviétiques et deux Dassault Mirage 2000 modernisés français), et vingt-quatre côté pakistanais (dont huit F-16, quatre Dassault Mirage III, et quatre chasseurs-bombardiers sino-pakistanais JF-17 Thunder).

Curieusement, tous les grands journaux russes ont titré, en substance : « Su-30 russes contre F-16 américains dans le Cachemire ». Comme si l’affrontement indo-pakistanais était avant tout l’écho du bras-de-fer opposant actuellement Moscou et Washington sur la scène internationale. Ironie du sort, le Pakistan, équipé d’appareils américains, est en train de se rapprocher politiquement de la Russie, tandis que l’Inde, armée de Soukhoï russes, partage aujourd’hui largement les intérêts de Washington.

Excès de prudence

L’actuelle dégradation des relations entre les deux voisins est survenue après qu’un terroriste s’est fait exploser, le 14 février dernier, près d’un convoi de policiers paramilitaires indiens dans l’État du Jammu-et-Cachemire, le « Cachemire indien », situé au nord du pays. L’attaque, qui a fait quarante-cinq victimes, a été revendiquée par le Jaish-e-Mohammed, un groupe terroriste soutenu, selon New Dehli, par Islamabad. Le lendemain de l’attentat, l’armée de l’air indienne a envoyé douze avions de chasse Mirage 2000 anéantir des camps d’entraînement du groupe, situés dans le Cachemire pakistanais. En réponse à ces « frappes chirurgicales », pour reprendre l’expression des autorités de Delhi, et pour prouver sa capacité de réaction, l’armée pakistanaise a bombardé plusieurs sites militaires du Cachemire indien.

Si Islamabad a aussitôt accepté la proposition de médiation russe, New Dehli a conservé, plusieurs jours durant, un silence glacial.

Moscou, de son côté, n’est intervenue qu’après que les deux États se sont directement et violemment affrontés dans les airs – en clair, quand elle a compris que l’escalade des tensions risquait d’atteindre un point de non-retour, et que le conflit pouvait enflammer toute la région.

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Boris Iounanov

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