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Opération « popularité »

Le mercredi 20 février 2019, Vladimir Poutine s’est adressé, comme chaque année, pendant une heure et demie à l’Assemblée fédérale (le Parlement russe, composé de la Douma d’État et du Conseil de la Fédération). Un exercice d’autant plus difficile que la cote de popularité du président russe est en baisse.

Le discours annuel de Vladimir Poutine devant l’Assemblée fédérale est une des grands-messes télévisées du pouvoir, au même titre que la « Ligne directe » qui permet à des citoyens de tout le pays de poser des questions et de soumettre leurs doléances directement au président par téléphone. Programmée en début d’année, l’adresse présidentielle est l’occasion d’établir les priorités du Kremlin et du gouvernement, en matière de politique intérieure et extérieure, pour les mois à venir. Malgré les conventions liées à ce genre d’intervention et les nombreuses similitudes (aussi bien thématiques que rhétoriques) observées d’une année sur l’autre depuis dix-huit ans, Vladimir Poutine parvient généralement à réunir des millions de téléspectateurs devant leur poste, même à Moscou, où la population se montre traditionnellement plus critique à l’égard du pouvoir.

Les conseillers et les communicants de Vladimir Poutine s’étaient donné pour objectif de construire un discours apte à relancer une dynamique de sympathie favorable au chef de l’État.

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Konstantin Kalatchevpolitologue

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

L’adresse aux pauvres

Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.

25 février 2019
Politique

Le poutinisme après Poutine

Le 11 février dernier, le quotidien Nezavissimaïa gazeta publiait un article signé Vladislav Sourkov, le conseiller du président Vladimir Poutine. Vingt-quatre heures plus tard, le texte, intitulé « L’État persistant de Poutine », avait été lu plus de cent mille fois sur le site du journal.L’article de Vladislav Sourkov compte parmi les textes dont la signature donne tout son sens au contenu.L’auteur est conseiller de Vladimir Poutine depuis 2013 et fait partie du cercle restreint des hauts fonctionnaires ayant un accès direct au président. Officiellement, il est responsable des relations entre la Russie et les républiques autoproclamées d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud (dont l’indépendance a été reconnue en 2008 par sept pays, dont la Russie) ; dans les faits, il s’occupe aussi du conflit dans le Donbass. Vladislav Sourkov représente ainsi les intérêts russes lors des négociations concernant le conflit armé de l’Est ukrainien : en 2016, les autorités allemandes lui avaient délivré un visa Schengen afin qu’il puisse se rendre à Berlin pour les négociations du Format Normandie (qui réunit des représentants allemands, français, russes et ukrainiens), bien qu’il figure sur la liste des personnes interdites d’entrée dans l’Union européenne en raison de sa proximité avec le Kremlin.Dans les années 2000, Vladislav Sourkov a occupé plusieurs postes au cœur du pouvoir. Premier vice-directeur de l’administration présidentielle de 1999 à 2011, vice-Premier ministre de 2011 à 2013, il a été en charge de dossiers très variés : médias, organisations religieuses, justice, jeunesse, emploi. Il est à l’origine de la création de plusieurs mouvements de jeunesse pro-Kremlin comme « Nachi » (« Les Nôtres ») et la Jeune Garde de Russie unie, très actifs dans la seconde moitié des années 2000.L’article publié par Nezavissimaïa gazeta se veut « une description du système poutinien de gouvernance, ainsi qu’une réflexion sur le poutinisme comme idéologie d’avenir ».Dans les lointaines et « désastreuses » (dixit l’auteur) années 1990, Vladislav Sourkov (né Aslambek Doudaïev, d’un père tchétchène et d’une mère russe en 1964) a travaillé au service des relations publiques de la banque Menatep, sous la direction de l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski. Le futur patron du pétrolier Ioukos, emprisonné en 2003 pour escroquerie et fraude fiscale, avait engagé comme garde du corps le jeune homme rencontré en 1987, en pleine perestroïka. Celui-ci avait servi dans les services spéciaux du renseignement militaire (GRU).De la « démocratie souveraine » à l’ « État persistant »Vladislav Sourkov est considéré comme un des idéologues du régime politique actuel. On lui doit, par exemple, le concept de « démocratie souveraine », qu’il définissait ainsi en 2006 devant les responsables du parti au pouvoir, Russie unie : « C’est l’expression politique d’une société ayant à sa tête une autorité, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

18 février 2019

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