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La Russie en quête d’image

Tandis que de nombreux pays tentent de séduire la jeunesse mondiale par des programmes spécialisés, la Russie peine à améliorer son image dans le monde. La faute, sans doute, à une erreur de méthode…

En janvier 2019, l’Observer Research Foundation, l’un des principaux centres de recherches indiens consacrés à la politique internationale, organisait, à New Delhi, le Forum asiatique sur la gouvernance mondiale. Quarante-neuf jeunes de vingt-neuf pays étaient invités dans la capitale indienne pour discuter des grandes questions actuelles : pauvreté, inégalités, climat, nouvelles technologies, etc. Le forum avait pour but, outre de confronter les points de vue des représentants de diverses cultures, de susciter un intérêt pour l’Inde chez ceux qui seront bientôt amenés à constituer la future élite politique et intellectuelle de la planète. Rassemblés dans un des meilleurs hôtels de la ville (450 $ la nuit), les futurs décideurs des principaux pays du monde ont rencontré de hauts responsables politiques indiens, d’anciens hommes d’État de différents pays et les meilleurs spécialistes mondiaux des thèmes abordés. Pendant dix jours, ils ont débattu, participé à des séminaires… et se sont « éclatés » dans la salle des fêtes de l’hôtel où l’alcool coulait à flots.

Pro et contra

En dépit du niveau élevé des échanges et de l’effort fourni par chacun pour se défaire de ses particularités nationales, on voyait toujours ressurgir, au détour d’une remarque, les clichés habituels sur un pays plus ou moins éloigné dont, au fond, on ne sait pas grand-chose. Concernant la Russie, un des préjugés les plus répandus – et les plus désagréables – était le prétendu soutien inconditionnel de tous les Russes à la politique de Vladimir Poutine.

Un fossé immense sépare les étrangers qui ne connaissent pas la Russie de ceux qui y sont allés.

Qu’un Américain maudisse Donald Trump, semble naturel. Mais un Russe ! Qui plus est en voyage à l’étranger ! Comme si le pays tout entier, jusqu’au moindre de ses habitants, devait faire corps et soutenir unanimement son président. Qu’une voix discordante s’élève, et l’on pense immanquablement à un malentendu – le récalcitrant est sommé de s’expliquer.

Une conférence du Forum asiatique sur la gouvernance mondiale 2018.
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Mikhaïl Korostikov

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