En attendant le dégel…

La Russie sort tout juste de la période des fêtes de fin d’année, qui, selon une tradition tacite, s’achève non sur l’ « Ancien Nouvel An » orthodoxe, le 13 janvier (l’Église orthodoxe suit toujours le calendrier julien), mais avec la fête de la Théophanie (Krechtchénié), le 19. Tout aussi traditionnellement, le pays sombre aussitôt dans une longue déprime hivernale, dont il ne sortira qu’au moment de Maslénitsa (un Mardi gras qui dure toute une semaine), début mars. Si cette déprime tourne, pour certains, à la dépression, les Russes savent aussi gérer leur hiver long et froid – cette fatalité – mieux qu’aucun autre peuple au monde. Dans une chronique pour la revue Gazeta.ru, le politologue Gueorgui Bovt fait l’éloge de l’hibernation.

Dans notre pays, l’hiver est plus que l’hiver. C’est une attente dont on ne voit pas le bout, un transit forcé, dans un état végétatif, entre l’automne et le printemps. Le moment où, emmitouflé et ployant sous le vent glacé, on repousse tout ce qu’on peut – au printemps, à l’été, au soleil, au beau temps, bref, au dégel ; à ce temps lointain où l’on pourra sortir de chez soi juste pour le plaisir, et contempler la Nature, la tête haute. L’hiver, c’est le gel des désirs, des projets, des sentiments. Voilà pourquoi nous chérissons tant la période des fêtes de fin d’année, qui s’étend du Noël catholique à l’Ancien Nouvel An. Elle est une sorte d’éclaircie dans l’obscurité froide qui enveloppe notre si vaste territoire. L’éclat des guirlandes est un ersatz de soleil. On y croit... Mais il faut traverser un mois de février, court et pourtant tellement long, et « se traîner » jusqu’en avril, à patauger dans la gadoue. Alors, enfin, le soleil se montrera. En hiver, il brille pour d’autres.

Et s’il brillait pour nous ? Un pays plus chaud, plus ensoleillé, avec des hivers courts et des étés longs… serait-ce encore la Russie ?

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Traduit par Julia Breen

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