Alexandre Soljenitsyne : voyage au cœur du désordre

« Liberté de parole ! liberté de réunion ! liberté d’association ! – mais si quelqu’un vous dit qu’on peut les obtenir pacifiquement, crachez-lui à la figure ! »

C’est une déclaration attrapée au vol dans la rue, au cœur des troubles de mars et avril 1917, dans une Russie en révolution. Elles figurent dans la Roue rouge d’Alexandre Soljenitsyne, dont une des multiples caractéristiques est de plonger le lecteur au cœur du tourbillon et du désordre.

Les bolcheviks ne sont pas encore au pouvoir, il s’en faut de plusieurs mois. Mais Nicolas II a déjà abdiqué, la république est instaurée. Dans les villes et les campagnes, le peuple est en ébullition. L’atmosphère est à la fête… en dépit d’une inquiétude profonde.

Dans les rues, sur les places, les meetings de milliers de personnes succèdent aux réunions par petits groupes. On échange des points de vue, on discute, on dispute, on en vient éventuellement aux mains. Le Gouvernement Provisoire est rapidement dépassé par les événements.

Dans les scènes de rue de la Roue rouge, Alexandre Soljenitsyne semble avoir posé une caméra (et un enregistreur), saisissant un peu au hasard ce qui se voit (et s’entend) ici ou là. Il en résulte une impression de multitude et de bigarrure, d’unisson et de discordance, parfois de cacophonie.

Chacun y va de son point de vue. Il y a les militants révolutionnaires, voire socialistes, qui lancent leurs slogans, appellent à ne pas se contenter d’une révolution, somme toute, « bourgeoise ». Divisés en une infinité de partis, ils sont loin d’emporter l’adhésion de la masse, qui veut simplement vivre mieux. Les monarchistes et partisans de l’ancien régime se font également entendre. Ils sont les moins nombreux : la population est lasse de la guerre, lasse aussi, et peut-être surtout, de gouvernants entièrement coupés d’elle et, en dépit des discours, […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Anne Coldefy-Faucard

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

« Soljenitsyne regardait au loin »

En mai 1994, après vingt années d’exil, Alexandre Soljenitsyne rentre en Russie. Aux États-Unis, l’écrivain vivait à Cavendish, dans le Vermont, où il écoutait tous les jours les émissions du département russe de Voice of America. L’archiprêtre Victor Potapov, animateur de l'une des émissions les plus populaires de Voice of America a pu rencontrer à ce titre Alexandre Soljenitsyne.

7 décembre 2018
Revolution Slider Error: Slider with alias abos-2018-9 not found.
Maybe you mean: 'une' or 'stream' or 'grand-format' or 'test' or 'standard-wp-gallery13' or 'media-carousel-autoplay15'

Vous êtes actuellement hors ligne