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Nostalgie rouge

À la fin du mois d’octobre, la Russie fêtait en grande pompe le centenaire de l’Union des jeunesses léninistes communistes (le Komsomol), créée au lendemain de la révolution de 1917 et auto-dissoute à la chute de l’URSS, en 1991. Lors d’un concert solennel organisé au Kremlin, les anciens chants soviétiques ont fait couler quelques tendres larmes dans le public, composé de hauts fonctionnaires et de grands patrons. Une bonne partie des actuels dirigeants et oligarques d’aujourd’hui est, en effet, passée par le Komsomol, qui, durant toute la période soviétique, avait la charge de former l’élite du pays.

La Russie a eu toutes les difficultés du monde à se défaire de son passé soviétique. Peu s’en souviennent, mais dans les années 1990, le Parti communiste russe (PC) demeure une force politique de premier plan : il contrôle le parlement et d’aucuns considèrent que la défaite de son candidat, Guennadi Ziouganov, face à Boris Eltsine, à l’élection présidentielle de 1996, n’a pu se produire sans fraudes. Jusqu’au début des années 2000, les différents gouvernements sont obsédés par la menace d’une revanche des communistes. La première élection de Vladimir Poutine à la présidence, en 2000, doit d’ailleurs beaucoup à la reprise, par l’actuel chef de l’État, de la rhétorique de ses concurrents : des discours sur la grandeur passée du pays, bien plus efficaces pour mobiliser les Russes que les palabres sur le libéralisme économique et les valeurs démocratiques.

Dès cette époque, pourtant, les observateurs doutent que les communistes restent longtemps en haut de l’affiche. Les difficultés du quotidien, endurées sous l’URSS, sont encore dans toutes les têtes ; en particulier les dernières années, où plus personne ne croyait en l’idéologie (pas même les membres du Politburo), où les rayons des magasins étaient quasi vides, où les files d’attente s’étiraient sans que les clients aient la certitude de repartir avec quelque chose dans leur sac. Les politologues expliquent alors la popularité du Parti communiste par l’habitude, l’inertie, la discipline de vote des électeurs les plus âgés. L’influence des communistes devait disparaître « de mort naturelle », en même temps que leur électorat.

Si le PC a effectivement perdu une grande part de son poids politique dans la décennie suivante – comme l’opposition de manière générale –, la nostalgie de l’époque soviétique, au contraire, s’est ravivée. Au cours des différents mandats de Vladimir Poutine, […]

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Ivan Davydov

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Le Komsomol, « entre amour et printemps »

Le Komsomol [Union des jeunesses léninistes communistes] fête son centenaire. Le journal Moskovski komsomolets a interviewé à cette occasion un des anciens leaders de l’organisation, Viatcheslav Kopiov (64 ans). Le Courrier de Russie reprend les passages clefs de cet entretien.

5 novembre 2018
Opinions

Staline, une nouvelle mythologie

Il y a 65 ans, le 5 mars 1953, Joseph Staline décédait. « Beaucoup de Russes sont stalinistes. Ce sont des gens qui, intellectuellement et émotionnellement, soutiennent l’époque stalinienne » , ainsi commence un article sur le « Petit Père des peuples » publié dans le journal Zavtra (Demain). Alexandre Prokhanov, rédacteur en chef de la publication, considéré comme un national-communiste, était un opposant farouche au pouvoir à l’époque de Boris Eltsine. Aujourd’hui, il soutient le Kremlin sur les plateaux de télévision. Ses documentaires sur l’ « époque effrayante » des années 1990 sont diffusés sur les chaînes publiques. Que s’est-il passé ? Le plus grand dirigeant de tous les temps Le Centre Levada, institut de sondage indépendant désigné récemment « agent de l’étranger » par les autorités russes et privé du droit de publier des enquêtes sur les intentions de vote pendant la campagne présidentielle, étudie depuis de nombreuses années l’opinion des Russes sur les dirigeants soviétiques et dresse régulièrement la liste de ceux qu’ils considèrent comme étant les « plus grands personnages de tous les temps ». À chaque publication, le top 20 de cette liste comprend seulement trois étrangers : Napoléon, Einstein et Newton. En revanche, le trio de tête inclut systématiquement Joseph Staline qui, en 2012 et 2017, se retrouvait à la première marche du classement. Il est intéressant de noter que Joseph Staline devance Vladimir Poutine. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Fedor Chourpine5 mars 2018

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