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Datcha, voiture, télé : la troïka du bonheur à la russe

Un appartement, une voiture, une datcha : en Union soviétique (du moins dans les vingt-cinq dernières années de son existence), tels étaient les signes extérieurs de prospérité auxquels aspiraient les « bâtisseurs du communisme ». L’URSS n’est plus, mais les choses ont-elles tellement changé ?Pendant le tournage du film La Foire du kolkhoze, les acteurs en costumes paysans chantent et dansent au milieu d’abondantes récoltes. À la pause, une kolkhozienne (une vraie) s’approche timidement et demande : « Votre histoire, là, elle se passe dans quel pays ? » On est à la fin des années 1940, l’URSS sort à peine de la guerre et de la famine. Lors d’une projection, Staline est emballé. « Finalement, les choses ne vont pas si mal que ça dans les campagnes », s’extasie le Petit Père des peuples, qui demande toutefois que l'on change le titre du film. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le film entrera dans l’histoire du cinéma soviétique sous le titre : Les Cosaques du Kouban.La propagande soviétique n’a pas attendu la comédie d’Ivan Pyriev pour diffuser une image quelque peu déformée des conditions de vie du peuple. Dans les films des années 1930, les personnages vivent dans des appartements lumineux et spacieux, leurs placards sont remplis de produits variés, et ils profitent pleinement des bienfaits du socialisme : visites aux palais de la culture (au sens propre, ce sont de véritables palais), soins médicaux gratuits dans des cliniques modernes, vacances dans de magnifiques maisons. Et les campagnes n’ont rien à envier aux villes.Ce tableau ne concerne en réalité que les hauts dignitaires du Parti et l’élite soviétique – les scientifiques, les personnalités du monde de la culture adoubées par le régime, et ceux que l’on appellerait aujourd’hui les DG et PDG des grandes entreprises. Revers de la médaille : ces bienheureux pouvaient se retrouver, du jour au lendemain, persécutés par les autorités.

Vivre pour soi

Le successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev, ne promet pas seulement aux citoyens soviétiques l’avènement du communisme, il s’efforce aussi de leur assurer, en attendant l’avenir radieux, un minimum de confort au quotidien. Dans les années 1950, pour la première fois depuis la révolution de 1917, l’aspiration au bien-être personnel n’a rien de honteux.L’heure est aux grands travaux d’urbanisme et à la construction massive de logements. Des immeubles de cinq étages apparaissent dans des quartiers résidentiels inspirés des théories de l’architecte français Le Corbusier. Les appartements sont petits et peu fonctionnels, mais ils représentent un sérieux gain de confort par rapport aux baraquements et aux logements communautaires. Le citoyen soviétique approuve le changement et comprend ce qu’il signifie : on lui permet enfin de vivre pour lui. Ces khrouchtchovka, comme les surnomment les Soviétiques (et les Russes aujourd’hui) sont toujours debout,

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Ivan Davydov

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