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« Je n’aurais pu imaginer pareille ville sur terre »

-En rangeant ma bibliothèque

Il faut régulièrement ranger sa bibliothèque, ce qui n’a rien d’une tâche agréable : on mange sa ration de poussière, on attrape des courbatures en passant des rayonnages du haut à ceux du bas et retour, on gaspille un temps fou à se demander quel nouvel ordre adopter : par langues ? siècles ? alphabétique ?... Régulièrement, disions-nous… Tout dépend de l’ampleur de la bibliothèque, ainsi que des loisirs et du courage dont on dispose. Il y a, toutefois, un signe qui ne trompe pas : le moment où on ne trouve pas un livre dont on a un besoin urgent et où, de désespoir, on en vient à envisager d’en acheter un nouvel exemplaire. Là, des mesures d’urgence s’imposent. L’avantage majeur du rangement de bibliothèque (il faut bien qu’il y ait quelques bons côtés) est la redécouverte de perles rares qu’on avait complètement oubliées. Cette chronique a pour objet d’en présenter quelques-unes. « Je n’aurais pu imaginer pareille ville sur terre » Chacun a entendu parler de l’écrivain norvégien Knut Hamsun (1859-1952), prix Nobel de littérature 1920, auteur adulé dans son pays jusqu’à son soutien au nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, qui lui vaut de sérieux ennuis à la fin du conflit et une mise à l’index partout en Europe. À partir des années 1970, les éditions Calmann-Lévy, à Paris, entreprennent, en dépit de virulentes protestations, d’éditer ou de rééditer la quasi-totalité de son œuvre, estimant, à juste titre, que Hamsun est, malgré tout, un très grand écrivain. Tout cela est bien connu. Ce qui l’est moins, c’est le voyage effectué en 1899 par le même Knut Hamsun à travers la Russie,

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14 août 2020