Le Courrier de Russie

Le Donbass repris en main par Moscou

Denis Pouchiline vient de prendre la tête de la République populaire du Donbass (DNR). Il assurera l’intérim d’Alexandre Zakhartchenko, tué dans un attentat, le 31 août dernier, jusqu’à l’élection d’un nouveau président, prévue pour le 11 novembre prochain. Un scrutin d’ores et déjà considéré par Kiev comme illégal. La crise ukrainienne semble à nouveau dans l’impasse.

La Russie a compris depuis longtemps que le rôle de mentor politique qu’elle joue à l’égard des deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ne lui serait d’aucun bénéfice réel. En fait, le Kremlin ne sait plus trop quoi faire de ces deux « républiques » : faut-il les rattacher à la Russie en leur accordant le statut de « sujets » de la Fédération ou reconnaître leur indépendance ? Dans les deux cas, cela signifierait s’engager à financer éternellement une région à fort potentiel déstabilisateur. Une fois reconnues par Moscou et quelques-uns de ses alliés (rares seraient les pays à suivre la Russie), les deux entités politiques risqueraient de devenir des zones « grises », hautement criminogènes.
Au fond, la décision la plus raisonnable serait pour le Kremlin la réintégration de ces territoires dans l’Ukraine, avec un statut particulier. Telle est d’ailleurs la solution qu’impliquent les accords de Minsk, signés par Moscou et Kiev en février 2015, sous le patronage politique de Paris et Berlin. Mais, jusqu’à aujourd’hui, Kiev n’a jamais été pressée de les appliquer.

« L’Ukraine se trouve à présent sous le contrôle des États-Unis, dont elle est même une sorte de protectorat officieux.

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