Odessa-mama, Rostov-papa

Indéniablement, il y a, comme l’écrit Ivan Davydov, une « poésie véritable »1 dans les chansons et, plus généralement, dans le langage des truands. Une poésie un peu surannée, du moins si l’on en considère les formes les plus anciennes, bien antérieures à l’Union soviétique et au Goulag : les trouvailles linguistiques ‒ servant aussi de code pour n’être pas compris des « caves » ‒ des habitants de ces hauts lieux de la mafia qu’étaient, notamment, les villes d’Odessa (« Odessa-mama » pour les truands) et de Rostov-sur-le-Don (« Rostov-papa »). Il y a des noms de spécialités, très imagés, qui permettent de reconstituer tout « l’artisanat » des voleurs. De nombreuses chansons sont à la fois dures et violentes (après tout, elles mettent en scène « Messieurs les hommes ») et « fleur bleue », à la limite, parfois, de la sensiblerie (ah,

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Anne Coldefy-Faucard

Dernières nouvelles de la Russie

Médocs et cuisine

Au moment de la parution de Soumission, il y a exactement quatre ans, il n’était pas inintéressant de se pencher sur d’éventuels points de contact entre cette œuvre de Michel Houellebecq et le roman Telluria de Vladimir Sorokine, sorti en russe quelque deux ans plus tôt1. A priori, la tâche semblait vaine, les deux écrivains différant par leur style, leur histoire, leurs personnalités… Ils ont néanmoins plusieurs traits essentiels en commun : une vision distanciée des évolutions du monde (un monde plus français pour Houellebecq, nettement plus large pour Sorokine) et une redoutable intuition. N’est-ce pas là la marque d’une « vraie » littérature de plus en plus rare ?

 

15 mars 2019

Houellebecq / Sorokine :
Médocs et cuisine

Au moment de la parution de Soumission, il y a exactement quatre ans, il n’était pas inintéressant de se pencher sur d’éventuels points de contact entre cette œuvre de Michel Houellebecq et le roman Telluria de Vladimir Sorokine, sorti en Russie quelque deux ans plus tôt*. A priori, la tâche semblait vaine, les deux écrivains différant par leur style, leur histoire, leurs personnalités…

 

11 janvier 2019

C’est (encore) Noël !

« C’est Noël dans toute la maison. Ça sent bon le parquet ciré, l’encaustique, le sapin. On a éteint les lampes mais toutes les veilleuses [les veilleuses d’icônes] brûlent. Les poêles ronflent et crépitent. Les vitres sont complètement gelées. Dans le fond du salon, le sapin se dessine, masse sombre et mystérieuse. »

 

4 janvier 2019