Odessa-mama, Rostov-papa

Indéniablement, il y a, comme l’écrit Ivan Davydov, une « poésie véritable »1 dans les chansons et, plus généralement, dans le langage des truands. Une poésie un peu surannée, du moins si l’on en considère les formes les plus anciennes, bien antérieures à l’Union soviétique et au Goulag : les trouvailles linguistiques ‒ servant aussi de code pour n’être pas compris des « caves » ‒ des habitants de ces hauts lieux de la mafia qu’étaient, notamment, les villes d’Odessa ( « Odessa-mama » pour les truands) et de Rostov-sur-le-Don ( « Rostov-papa »). Il y a des noms de spécialités, très imagés, qui permettent de reconstituer tout « l’artisanat » des voleurs. De nombreuses chansons sont à la fois dures et violentes (après tout, elles mettent en scène « Messieurs les hommes ») et « fleur bleue », à la limite, parfois, de la sensiblerie (ah, […]

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Anne Coldefy-Faucard