fbpx

Bataille de vers

C’est peu de dire que les Russes prennent la poésie au sérieux : un ami prénommé Egor m’avait conviée à une bitva stikhov, une « bataille de vers », sorte de joute oratoire entre deux concurrents qui récitent des poèmes. La bitva se tenait dans un amphithéâtre de la grande université Lomonossov de Moscou, où des portraits de poètes avaient été accrochés un peu partout pour l’occasion.

Egor arrive en sautillant dans un pantalon trop court retenu par des bretelles, ses cheveux blonds dressés sur la tête comme un personnage de dessin animé. Viktor, son adversaire, le suit. Je l’avais déjà entendu, lors d’un récital, dire pendant trois quarts d’heure un poème sur Lénine d’une voix de stentor. Grand, fort, imposant, il vous ferait presque trembler. Il se place tout naturellement derrière la haute chaire de bois, laissant Egor debout, seul, sur l’estrade, face à l’auditoire, tel un condamné que l’on s’apprête à pendre, et invite tout le monde à s’asseoir. Je prends place au troisième rang.

« Merci à tous d’être venus à notre bataille de vers ! » commence-t-il.

De l’autre côté de l’estrade, Egor l’écoute en silence, triturant nerveusement ses boutons de manchette. […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Marguerite Sacco

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Le Grand Pardon

Dans une quinzaine de jours débutera le Carême orthodoxe – non pas un mercredi comme chez les catholiques, mais un lundi, appelé le « Lundi pur » (Чистый понедельник). Si ce lundi est « pur », c’est, entre autres raisons, parce que tout le monde s’est demandé pardon la veille, lors du « Dimanche du pardon » (Прощёное воскресенье) : on peut ainsi entrer dignement dans la longue marche vers la Semaine Sainte.Chaque année, je reçois à cette occasion de nombreux messages, souvent de la part de Russes auxquels j’ai adressé la parole une ou deux fois dans ma vie. « Pardonne-moi si je t’ai offensé de quelque manière », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

20 février 2019
Société

Les patates et les Russes

Il y a deux ou trois ans, j’avais été très frappée par un petit article relatant un fait divers terrible et surprenant, survenu à Tcherdyne, près de Perm. Y était racontée la soirée de deux amis, Igor et Mikhaïl, joyeusement passée à boire chez le premier. Au cours de la discussion, celui-ci se rappelle qu’un jour, Mikhaïl a eu l’audace de lui voler des pommes de terre. La plaie est visiblement encore vive, et ils se battent à ce sujet. Arrive Andreï : voyant Mikhaïl en sang, il s’enquiert de ce qui se passe, mais, ayant appris le forfait de son ami, il lui met à son tour une raclée. Le malheureux est ensuite jeté dehors. Vient alors Vadim, qui demande les raisons pour lesquelles Mikhaïl a été jeté dehors, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

13 février 2019
Société

Veuillez patienter

J’ai lu, à l’automne dernier, qu’un Russe était mort à Oufa pendant qu’il faisait la queue à un guichet du Centre d’État de gestion du trafic automobile. L’article ne précisait pas depuis combien de temps il attendait. Pourtant, tous ceux qui ont eu à attendre à un guichet en Russie comprendront pourquoi cette question a de l’importance. En revanche, la suite de l’histoire est stupéfiante : le décès une fois constaté par les employés, ceux-ci recouvrirent le corps d’un drap bleu et laissèrent là notre homme. Les personnes présentes restèrent debout en file à côté, et des enfants jouaient près du cadavre.Bien que je n’aie encore jamais vu personne mourir en pareilles circonstances, les Russes m’ont toujours semblé avoir un rapport particulier à la file d’attente. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 février 2019

Vous êtes actuellement hors ligne