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Rencontre Poutine-Trump : un parfum de Coupe du monde

Le sommet du 16 juillet, à Helsinki, était la première rencontre officielle entre Poutine et Trump depuis l’arrivée de ce dernier à la Maison-Blanche : les deux hommes n’avaient fait, jusqu’alors, que se croiser de façon informelle, en marge de divers forums internationaux. C’est aussi le premier sommet russo-américain depuis que Dmitri Medvedev a reçu au Kremlin Barack Obama, il y a neuf ans.

À l’époque, en 2009, la Secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, propose le terme de reset [redémarrage], pour qualifier la volonté mutuelle des deux pays de restaurer des relations cordiales après le refroidissement des dernières années de la présidence de George W. Bush. Moscou est alors dans le même état d’esprit. Mais trois événements surviennent successivement, qui conduisent le Kremlin à douter autant de la sincérité des Américains que de la pertinence de leur vision du monde.

Inconstance occidentale

En 2011, la Russie laisse le Conseil de sécurité de l’ONU adopter la résolution n°1973, qui autorise une intervention armée internationale en Libye, pour protéger les populations civiles contre les forces de Mouammar Kadhafi. Finalement, le régime est renversé par les rebelles, soutenus par la coalition occidentale, et Kadhafi lui-même est sauvagement assassiné. L’État libyen s’effondre, et le pouvoir, en pratique, passe aux mains de groupes islamistes radicaux. Le bruit court à Moscou que Vladimir Poutine, alors Premier ministre, n’a jamais pardonné à Dmitri Medvedev la légèreté de cette décision : pour lui, la Russie aurait dû s’opposer aux États-Unis, dont la vision à court terme a entraîné un déchaînement du djihadisme au Proche-Orient.

À la fin de 2011 et au début de 2012, la Russie est le théâtre de manifestations massives, au cours desquelles jusqu’à cent mille personnes descendent dans la rue à travers le pays. Vladimir Poutine soupçonne les États-Unis de soutenir ce mouvement de protestation, afin d’empêcher sa réélection pour un troisième mandat. La décision du nouvel ambassadeur américain à Moscou, Michael McFaul, de recevoir dans sa résidence les représentants de l’opposition russe achève de l’en convaincre.

« Le rattachement de la Crimée à la Russie, en mars 2014,

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Boris Iounanov

Dernières nouvelles de la Russie

International

Venezuela : Moscou révoltée par l’ingérence américaine

Au Venezuela, l’opposition entre le président de la République, Nicolas Maduro, et celui de l’Assemblée nationale, Juan Guaido – autoproclamé chef de l’État le 23 janvier –, évolue vers une crise internationale majeure et un nouvel affrontement diplomatique entre la Russie et les États-Unis. Fiodor Loukianov, président du Conseil de politique extérieure et de défense (SVOP), un influent think tank russe, livre son analyse de la situation.Fiodor Loukianov. Crédit : RianLCDR : Le Kremlin continue de soutenir Nicolas Maduro, tout en insistant sur l’importance du dialogue avec l’opposition (il propose même de jouer le rôle de médiateur), comme Vladimir Poutine l’avait rappelé lors de la visite du président vénézuélien à Moscou en décembre dernier. Le Kremlin reste donc relativement prudent dans cette crise. Cela signifie-t-il que, pour la Russie, la solution sera politique, et non militaire ?Fiodor Loukianov : D’abord, un éventuel soutien militaire russeest exclu pour des raisons techniques : le Venezuela est trop loin. Ensuite, il me semble que Vladimir Poutine n’a jamais nourri d’affection particulière ni pour Hugo Chavez (président de 1999 à 2013) ni pour son successeur Nicolas Maduro. En dépit de scènes d’embrassades avec l’ancien président – toujours à l’initiative de ce dernier –, le Kremlin s’en est toujours tenu à une position pragmatique envers un partenaire qui affichait une croissance à deux chiffres au milieu des années 2000. Plus tard, les rapports ont évolué, en raison, d’une part, du rôle de créancier joué par la Russie, et, d’autre part, des relations tendues que les deux pays entretiennent avec les États-Unis [le Venezuela compte parmi les rares pays à reconnaître le « rattachement » de la Crimée à la Russie, ndlr.]En d’autres termes, la position de Moscou n’est pas dictée par des considérations personnelles ou par des accointances avec Maduro et autres « chavistes » ; […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

29 janvier 2019
International

Serbie : Vladimir Poutine joue son va-tout dans les Balkans

Vladimir Poutine est aujourd’hui en visite à Belgrade, au moment où son « allié » serbe se trouve face à une alternative diplomatique décisive : rester dans le giron de Moscou ou se tourner vers l’ouest… et rejoindre l’OTAN.Paris, 11 novembre 2018. Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement commémorent le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Après la cérémonie officielle, organisée au pied de l’Arc de Triomphe, le cortège se rend au palais de l’Élysée. En marge de la réception, les hôtes évoquent divers sujets, de manière informelle – aucune rencontre bilatérale n’a été prévue. Un homme grand, imposant, s’approche de Vladimir Poutine et lui serre la main : « Bonjour, Monsieur le Président. Très heureux de vous voir. » Il s’agit de Hashim Thaçi, président de la République du Kosovo (dont l’indépendance, proclamée en 2008, est reconnue par la plupart des pays occidentaux, dont la France, mais pas par la Russie et d’autres nations comme la Chine ou l’Espagne). Ancien chef de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) dans les années 1990, Hashim Thaçi est accusé (notamment sur la base d’un rapport du Conseil de l’Europe) d’avoir participé à différents trafics (drogue, organes humains) pour financer les activités de l’UÇK.Mondanités kosovaresLe président russe ne laisse rien paraître de sa surprise et s’entretient pendant plusieurs minutes avec le dirigeant kosovar. Le photographe officiel de M. Thaçi en profite pour immortaliser l’instant. Ces clichés historiques sont publiés le lendemain sur le compte Twitter du président du Kosovo, accompagnés du commentaire : « J’ai rencontré le président Poutine à Paris. Notre entretien a été consacré à la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie. Sur ce point, le président Poutine s’est montré précis. Il m’a confié : Si vous (le Kosovo et la Serbie) vous entendez sur un accord de paix, la Russie le soutiendra. »Vladimir Poutine sait parfaitement que les discussions entre Serbes et Kosovars patinent depuis plusieurs mois.Le fait que le Kremlin n’ait pas communiqué sur la « rencontre » entre MM. Poutine et Thaçi n’a aucune importance pour ce dernier : le leader kosovar apprécie surtout de pouvoir ajouter à sa collection une poignée de main avec un acteur international influent, qui témoigne, en outre, depuis plusieurs années, d’un intérêt croissant pour la question balkanique. La finalité de ces « clichés pour l’Histoire » reste, aux yeux de M. Thaçi, de lui permettre d’acquérir peu à peu une stature internationale et de s’attirer un maximum de soutiens en vue des difficiles négociations qu’il doit mener avec Belgrade sur la question de la reconnaissance de l’indépendance de son pays par la Serbie.Depuis de longs mois, des discussions se déroulent sous l’égide de l’Union européenne, dont les représentants ont maintes fois déclaré qu’ils espéraient un compromis pour le printemps 2019. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 janvier 2019
International

Gilets jaunes : sous l’œil attentif de Moscou

Le 5 décembre dernier, Vladimir Poutine recevait, dans sa résidence de Novo-Ogarevo, située à 10 km à l’ouest de Moscou, un visiteur inattendu : François Fillon. On peut imaginer que le président russe n’aura pas manqué d’interroger l’ancien Premier ministre français sur le mouvement des gilets jaunes.

10 décembre 2018

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