Pourquoi la Russie ne peut pas supprimer la Journée de la Russie 

La Russie contemporaine n’a pas de fête réellement à elle. Les deux célébrations les plus importantes, dans l’esprit et la vie des gens, sont le Jour de la Victoire, le 9 mai, qui est une commémoration soviétique, et le Nouvel An, fêté dans le monde entier. Tout le reste, vous diront les Russes, ce ne sont que des « jours fériés supplémentaires ».

Le parlement tente bien, régulièrement, d’instaurer de nouvelles journées de liesse populaire. Tout récemment ‒ et le plus sérieusement du monde ‒, les députés de la Douma d’État ont ainsi débattu de la possibilité de proclamer le 31 mars « Journée de la Gloire militaire russe », en mémoire de la prise de Paris par les armées européennes coalisées, en 1814… Mais ils en sont restés au stade des velléités et ont fini par renoncer.

Quoique… Le pouvoir a déjà sorti de son chapeau deux dates, dont il s’acharne à faire les deux plus grandes fêtes officielles russes, en les célébrant en grande pompe. Il s’agit de la « Journée de l’Unité nationale », le 4 novembre, et de la « Journée de la Russie », le 12 juin.

La journée de l’Unité nationale a été proclamée en 2004. L’objectif était de faire perdre à la population la vieille habitude, tenace, qui consistait à continuer de célébrer, par inertie, une des plus grandes fêtes soviétiques : l’anniversaire de la révolution de 1917, le 7 novembre.

Mais cette nouvelle fête, si elle est effectivement parvenue à faire oublier l’ancienne, a échoué à prendre du sens.

Un événement confus, trop lointain

Le 4 novembre est censé commémorer la libération de Moscou de l’occupation polonaise, en 1611. Mais il s’agit, pour les Russes d’aujourd’hui, d’un événement trop lointain, confus, […]

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Ivan Davydov