Métaphysique des poils en Russie

J’ai parlé dans une chronique récente des moustaches de Pierre le Grand, qui lui avaient valu (entre autres chefs d’accusation) d’être caricaturé en chat. Cependant, je ne me suis pas attardée sur un fait bien connu de l’histoire russe qui y est souvent rattaché : l’impôt sur les barbes. Le tsar, rentrant de son premier voyage en Occident peu avant l’année 1700, exigea que les hommes russes se rasent la barbe : finies, les faces broussailleuses de l’ancien monde ! Faire peau neuve, c’était avant tout faire peau nette. Un oukase parut, et tous durent passer chez le barbier… Des barbiers, il y en avait d’ailleurs trop peu, mais qu’à cela ne tienne : Pierre le Grand, qui était habile de ses mains, s’estima suffisamment adroit pour raser lui-même ses amis lors des soirées qu’il faisait donner, épaulé parfois par un bouffon qui avait ordre de gifler les récalcitrants.Des récalcitrants, il y en eut,

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Marguerite Sacco

Dernières nouvelles de la Russie

« Virgule, il meurt »

Ceux qui me lisent depuis longtemps connaissent mon goût pour les informations insolites. Les journaux russes en sont une source particulièrement nourrie, et on trouve souvent dans leur trame quelque chose de dostoïevskien : des gens excessivement sensibles réagissent d'une manière inexplicablement brutale à un événement insignifiant, et leur réaction a des conséquences dramatiques. Il n'est ainsi pas rare que le fait divers, qui commence par nous faire sourire, finisse par « virgule, il meurt. »

 

18 septembre 2019

Sainte Lada

Depuis quelques jours, un habitant de Krasnodar défraie la chronique par ses talents de bricoleur : il vient en effet de personnaliser (dans le jargon, on dit « tuner ») sa Lada, en lui greffant des roues de carrosse à la place des pneus.

 

11 septembre 2019

Anatomie du russe quotidien

Si vous avez étudié le russe, vous conviendrez que rien n’y est moins évident que l’expression « simple comme bonjour ». En effet, le seul mot destiné à se saluer, si simple dans tant de langues à force d’avoir été usé et poli par les siècles, reste en russe le cauchemar de l’apprenant, et ce dès son premier cours : « Zdravstvouïtié ! », doit-il lancer à grands renforts de R roulés et d’accent tonique.

 

4 septembre 2019