Les limites de la verticale du pouvoir

Le 7 juin, à la veille de la Coupe du monde, Vladimir Poutine a adressé un message télévisé à tous les membres de ce qu’il appelle la « grande et chaleureuse famille du football », autrement dit à tous les supporters russes et étrangers. Le président les invite à oublier les questions politiques le temps de la compétition, et à célébrer le football en Russie.

Le sourire affiché par Vladimir Poutine dans son message télévisé n’était pas uniquement dû à la présence des caméras ni au fait que la Russie, avec ses treize stades ultramodernes érigés dans onze villes, ses 15 000 bénévoles – dont plus de 9 000 rien qu’à Moscou – et ses centaines de sites dédiés à la compétition, est fin prête pour le lancement de la Coupe du monde, ce qu’a reconnu le président de la FIFA Gianni Infantino lui-même la semaine dernière.

La Russie dans une « zone blanche »

Depuis quelque temps, Vladimir Poutine est tout simplement de bonne humeur. Une bonne humeur que même les nouvelles sanctions américaines adoptées le 12 juin, jour de fête nationale en Russie, à l’encontre d’entreprises russes et de particuliers, n’ont pu gâcher. Dans son message, le président débordait d’optimisme – un optimisme utilisé, avant tout, comme instrument de communication politique. Selon le président russe, qui s’exprimait dans le cadre de « Ligne directe », cette émission au cours de laquelle, deux fois par an, […]

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Konstantin Kalatchev, politologue

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Sanctions : l’économie russe dos au mur

Les États-Unis ont décidé la mise en place d’un nouveau train de sanctions contre la Russie. Finie l’époque où Moscou réagissait à leur annonce avec insouciance et orgueil. Celles adoptées le 6 avril contre des oligarques étroitement liés au Kremlin ont été une douche froide pour le monde politique et les milieux d’affaires russes : pour la première fois, leur effet a été destructeur. Combien de temps celui-ci persistera-t-il et quel peut être l’impact de sanctions de plus en plus lourdes sur la politique et le monde des affaires ? La Russie vit sous le coup des sanctions occidentales depuis près de quatre ans. L’establishment politique et le monde des affaires russes s’y sont tant bien que mal accoutumés – après tout, ils ont connu pire. La vie serait, bien entendu, plus agréable sans les sanctions mais elles ont également permis à la Russie de trouver des substituts aux importations et de développer son secteur agro-industriel… Certes, emprunter de l’argent est devenu plus difficile, notamment sur les marchés étrangers, et nécessite une longue réflexion en amont – ne vaudrait-il pas mieux aujourd’hui, pour sa tranquillité d’esprit, placer son argent dans une banque russe plutôt que dans une banque occidentale? – mais, à cela aussi, on finit par s’habituer. Le 9 avril a été un « lundi noir » pour le marché boursier russe. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 avril 2018
Politique

Les défis de politique intérieure de Vladimir Poutine

Le 2 avril, Vladimir Poutine, qui a recueilli plus de 76 % des voix à la présidentielle du 18 mars, a reçu des mains d’Ella Pamfilova, présidente de la Commission électorale centrale de la Fédération de Russie, l’attestation certifiant son élection à la présidence du pays. Le 7 mai 2018, la salle Andreïevski du Grand Palais du Kremlin accueillera la cérémonie d’entrée en fonction du chef de l’État. Quelles seront ses priorités en matière de politique intérieure ? L’héritage du troisième mandat Vladimir Poutine a esquissé les principaux succès de son troisième mandat dans son adresse à l’Assemblée fédérale du 1er mars, au Manège de Moscou. Sur les deux heures de son allocution, quarante minutes ont été consacrées à la présentation (avec une vidéo projetée sur écran) des nouvelles armes stratégiques russes, notamment nucléaires, laser et à ultrasons, et à la façon dont elles pourraient être utilisées. La Russie a ainsi réagi aux menaces qui, selon l’establishment russe et une grande partie de la population, émanent de l’OTAN. Les priorités énumérées par Vladimir Poutine n’ont pas été choisies au hasard. Selon des sondages effectués en février par le Centre russe d’étude de l’opinion publique (VTsIOM), le renforcement des capacités de défense est la principale réalisation des autorités ces dernières années, ce que confirme le groupe de discussion organisé par le Groupe d’expertise politique dans les régions russes. Les succès du complexe militaro-industriel sont même plus appréciés par la population que le rattachement de la Crimée. Les Russes interrogés croient peu à la croissance économique. L’inverse serait étonnant. Selon les données officielles, celle-ci n’excède pas 1,5 %, alors que les experts gouvernementaux avaient promis un taux de 2 %. Cette stagnation s’accompagne d’une baisse prolongée des revenus réels. Les spécialistes précisent toutefois que ces difficultés sont temporaires. Par ailleurs, bien que faibles, les revenus sont stables. Le taux de chômage a atteint un minimum historique. Selon les données fournies en novembre 2017 par l’Agence fédérale de statistique Rosstat, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

5 avril 2018