Au pays des chats

J’ai reçu l’autre jour une rédaction étonnante d’un de mes élèves d’origine russe. Il s’agissait d’un dialogue entre plusieurs animaux, qui commençait plutôt normalement, jusqu’à ce que, tout à coup, l’un d’entre eux, un gros chat manoul d’Asie centrale, tue tous les autres. La conclusion suivait, laconique : « Le chat était en fait Satan. » Fin.

Les Russes, comme nous, se méfient des chats autant qu’ils les aiment. Un jour que je caressais un beau chat à poil long dans une auberge de jeunesse du côté de Vladivostok, la tenancière du lieu avait bondi et tenu ces propos au félin : « Pourtache ! Qu’est-ce que tu fais à t’amuser avec une étrangère ? Tu es un camarade russe. Retourne chez toi ! » Et le pauvre matou traître à son peuple fut viré sur ces entrefaites – quant à moi, je n’ai plus jamais caressé un chat sans y être autorisée au préalable. […]

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Marguerite Sacco