Le Courrier de Russie

Investiture: Poutine ne doit plus être le président d’une « forteresse assiégée »

Russian President Vladimir Putin enters the St. George Hall at the Grand Kremlin Palace at the Kremlin in Moscow, on December 12, 2013, to deliver an annual state of the nation address. (Mikhail Klimentyev/AFP/Getty Images)

L’investiture du président Poutine aura lieu le 7 mai. Ce sera pour lui la quatrième cérémonie de ce type, après 2000, 2004 et 2012. Il y a six ans, celle-ci s’était accompagnée de troubles importants : la veille, le 6 mai, au cours d’une manifestation autorisée sur la place Bolotnaïa, à Moscou, à laquelle l’opposition avait donné le nom de « Marche des millions », plus de quatre cents personnes avaient été appréhendées, dont trente s’étaient retrouvées envoyées devant la justice pénale. Il est certain que pareils incidents ne se reproduiront pas cette fois. Comment l’expliquer et en quoi ce nouveau mandat de Vladimir Poutine se distingue-t-il du précédent ?

Le troisième mandat de Vladimir Poutine (2012-2018) a multiplié les surprises. Il commence par une petite récession économique (ralentissement de la croissance du PIB, qui passe d’1,8% en 2013 à 0,7% en 2014) et s’achève sur une crise économique de grande ampleur et un appauvrissement massif de la population. En 2017, le Service fédéral des statistiques (Rosstat) fait état de 22 millions de pauvres en Russie, soit 15% de la population.

2014 : le succès des Jeux olympiques d’hiver à Sotchi est suivi de la crise en Ukraine, avec les événements de Crimée, la guerre dans le Donbass et la confrontation avec l’Occident en raison des sanctions adoptées contre la Russie.

2015 : la Russie intervient militairement en Syrie – une opération parfaitement réussie sur le plan militaire (mais un échec au niveau diplomatique), […]