Et Poutine, alors ?

La campagne électorale bat son plein en Russie. Il est vrai que la date de l’élection présidentielle (18 mars) se rapproche dangereusement. Les débats télévisés ont commencé, réunissant tous les candidats, moins un : Vladimir Poutine.

Certains de ses rivaux s’en sont émus, notamment la seule femme en lice, Ksenia Sobtchak, qui, dès le premier débat, consacré à la politique étrangère, affirmait véhémentement qu’elle voulait débattre de ce sujet, non avec les candidats présents sur le plateau, mais bien avec l’actuel président qui, comme par hasard, n’était pas là.

Avant les débats, les électeurs avaient pu découvrir les clips de campagne des concurrents. Quelques-uns méritent le détour : Grigori Iavlinski (Iabloko) apparaissait ainsi en personnage de dessin animé au début et à la fin de son clip, avec, entre les deux, une brève intervention du candidat en chair et en os. Vladimir Jirinovski (Parti libéral-démocrate de RussieLDPR) optait, lui, pour une mise en scène genre thriller trash : agressions particulièrement sordides, […]

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Anne Coldefy-Faucard

Dernières nouvelles de la Russie

Opinions

Alexandre Soljenitsyne : voyage au cœur du désordre

« Liberté de parole ! liberté de réunion ! liberté d’association ! – mais si quelqu’un vous dit qu’on peut les obtenir pacifiquement, crachez-lui à la figure ! » C’est une déclaration attrapée au vol dans la rue, au cœur des troubles de mars et avril 1917, dans une Russie en révolution. Elles figurent dans la Roue rouge d’Alexandre Soljenitsyne, dont une des multiples caractéristiques est de plonger le lecteur au cœur du tourbillon et du désordre. Les bolcheviks ne sont pas encore au pouvoir, il s’en faut de plusieurs mois. Mais Nicolas II a déjà abdiqué, la république est instaurée. Dans les villes et les campagnes, le peuple est en ébullition. L’atmosphère est à la fête… en dépit d’une inquiétude profonde. Dans les rues, sur les places, les meetings de milliers de personnes succèdent aux réunions par petits groupes. On échange des points de vue, on discute, on dispute, on en vient éventuellement aux mains. Le Gouvernement Provisoire est rapidement dépassé par les événements. Dans les scènes de rue de la Roue rouge, Alexandre Soljenitsyne semble avoir posé une caméra (et un enregistreur), saisissant un peu au hasard ce qui se voit (et s’entend) ici ou là. Il en résulte une impression de multitude et de bigarrure, d’unisson et de discordance, parfois de cacophonie. Chacun y va de son point de vue. Il y a les militants révolutionnaires, voire socialistes, qui lancent leurs slogans, appellent à ne pas se contenter d’une révolution, somme toute, « bourgeoise ». Divisés en une infinité de partis, ils sont loin d’emporter l’adhésion de la masse, qui veut simplement vivre mieux. Les monarchistes et partisans de l’ancien régime se font également entendre. Ils sont les moins nombreux : la population est lasse de la guerre, lasse aussi, et peut-être surtout, de gouvernants entièrement coupés d’elle et, en dépit des discours, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 décembre 2018
Société

Le Komsomol, « entre amour et printemps »

Le Komsomol [Union des jeunesses léninistes communistes] fête son centenaire. Le journal Moskovski komsomolets a interviewé à cette occasion un des anciens leaders de l’organisation, Viatcheslav Kopiov (64 ans). Le Courrier de Russie reprend les passages clefs de cet entretien. Moskovski komsomolets : Quelles sont pour vous les réussites les plus significatives du Komsomol ? Viatcheslav Kopiov : La jeunesse soviétique a pris une part active à de nombreuses réalisations importantes pour l’histoire et l’évolution de notre pays : la mise en valeur des terres vierges, la participation à de grands chantiers comme la construction de la ligne de chemin de fer Baïkal-Amour (BAM)… Sans oublier, bien sûr, la Grande Guerre patriotique [la Seconde Guerre mondiale, ndlr], au cours de laquelle, durant quatre années terribles, les sections du Komsomol ont joué un rôle essentiel dans la défense de la Patrie et la défaite de l’ennemi. C’est, à n’en pas douter, l’une des actions de cette organisation les plus dignes de respect et qui méritent le plus d’être commémorées. Si l’on considère, à présent, le Komsomol de Moscou, sa participation à la construction des premières lignes du métro de la capitale, dans les années 1930, est particulièrement significative. Dans tous ces cas de figure et bien d’autres, les jeunes se sont attelés à résoudre des problèmes vitaux pour le pays. Je le formulerais ainsi : le Komsomol a été, en premier lieu, un mécanisme aidant efficacement à réaliser des tâches d’envergure. « Le Komsomol aidait les jeunes, garçons et filles, à se trouver eux-mêmes dans ce processus de lutte pour le bonheur, la réussite. » M.K. : Quelles qualités le Komsomol développait-il réellement chez les individus ? […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

5 novembre 2018
Opinions

Steinbeck et Capa chez les Soviets

En juillet 1947, l’écrivain John Steinbeck et le photographe Robert Capa prennent l’avion à Paris pour se rendre en URSS, où ils ont été autorisés à réaliser un reportage. En 1940, le premier a reçu le prix Pulitzer pour Les raisins de la colère, et le second vient de créer avec d’autres, dont Henri Cartier-Bresson, l’agence Magnum. Leur voyage est financé par le New York Herald Tribune, qui en publie dans ses colonnes le compte rendu et les clichés durant la seconde quinzaine de janvier 1948. La même année, l’écrivain tire un livre de ce séjour, qui paraît – avec les photos de Capa – sous le titre : A Russian Journal. Un an plus tard, Gallimard en édite la version française (y compris les photos), intitulée Journal russe, dans une traduction de Marcel Duhamel. D’emblée, les deux hommes annoncent la couleur : ils ne veulent pas rester dans la capitale soviétique. Ils veulent voir le pays, se faire une idée de la vie dans les campagnes. C’est là que commencent les problèmes : ils sont censés réaliser le premier reportage « libre » dans l’URSS de l’immédiat après-guerre, mais ils ne tardent pas à comprendre qu’il faut des autorisations pour tout (pour prendre des clichés, pour sortir de Moscou…) et que la bureaucratie est « aussi lente qu’à Washington ». En outre, la méfiance des autorités soviétiques est grande envers les Américains, même si les romans de Steinbeck sont appréciés. Pour finir, après quelques jours de découragement pour les deux voyageurs, les choses s’arrangent. Il va sans dire, néanmoins, qu’ils seront dûment chaperonnés partout où ils iront, notamment par un colonel répondant au nom de Dentchenko. « Le regard de plâtre, de bronze, peint ou brodé de Staline » En quarante jours, Steinbeck et Capa parcourent le pays, de Moscou en Géorgie, en passant par Kiev et Stalingrad, qui n’est pas encore devenue Volgograd. Staline est toujours aux commandes (jusqu’en mars 1953), la déstalinisation et la dénonciation du culte de la personnalité n’adviendront qu’en 1956. Staline est partout : immenses portraits à l’huile, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 octobre 2018

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