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Régiment Immortel Commémoration Moscou

Seconde Guerre mondiale : amertume et incompréhension

Les Français, dans leur grande patrie, pensent être des champions en matière de droits de l’homme, convaincus de comprendre mieux que quiconque ce qu’est un être humain et en quoi consiste le respect de sa dignité. Ils sont persuadés de représenter le camp du Bien, aux côtés de leurs voisins européens et anglo-saxons, et regardent avec une profonde méfiance tout ce qui vient de l’autre côté de la barrière – et particulièrement de Russie.

Régiment Immortel Commémoration Moscou
Participant du Régiment immortel à Moscou, le 9 mai 2017. Crédits : Jean Colet

Un certain nombre de Russes – il faut l’avouer – sont d’ailleurs du même avis. Ils sont un paquet à croire que la lumière est à l’Ouest quand leur pauvre pays patauge dans les ténèbres. Ils sont la plupart du temps prêts à reconnaître la suprématie morale des Occidentaux et, quand ces derniers leur donnent des leçons sur… à peu près tout, les Russes se contentent de hocher la tête, l’air contrit et résigné. Habitués à être considérés comme les « derniers de la classe » par ceux qu’ils placent eux-mêmes au rang de meilleurs élèves à l’école des civilisations, les Russes admettent sans sourciller leur « retard » en politique, en économie et dans la vie sociale. À ce jour, il ne reste probablement qu’un sujet sur lequel les Russes n’ont pas la moindre intention de se justifier. Il ne reste qu’une leçon qui refuse de passer.

Quelques minutes plus tôt encore, ils vous écoutaient, ébahis… mais voilà que vous l’avez prononcée, cette phrase malheureuse sur le « mythe russe » sur la Seconde Guerre mondiale. Et là, les Russes, stupéfaits, se demandent si ces gens qui se prennent pour les maîtres de l’Univers ont réellement le droit de leur apprendre la vie.

Car il est difficile de manifester plus clairement son ignorance crasse, son irrespect et son insensibilité qu’en expliquant à un Russe que sa Grande Guerre patriotique est un « mythe de propagande », et, qu’en défilant le 9 mai en brandissant le portrait de son aïeul, il « fait le jeu de Poutine ».

Un choix différent

Les Russes doutent facilement, et sur de nombreux points ; mais s’il y a une chose sur laquelle ils n’hésitent pas, c’est bien le sacrifice offert par leurs ancêtres sur l’autel de la guerre contre le nazisme – la bagatelle de 26 millions de morts. Et la mémoire de ce sacrifice, ils la portent dans leur chair.

Les Russes se souviennent avec autant de précision des souffrances que leurs proches ont endurées pendant cette guerre que du courage exemplaire dont ils ont fait preuve.

Et avant de venir les titiller avec vos discussions stériles sur le pacifisme, demandez-vous ce que vous savez précisément sur le blocus de Léningrad, par exemple – 872 jours et 632 000 morts, dont 97 % de faim. Renseignez-vous sur les conditions de vie atroces des habitants de la ville martyre, mais surtout sur leur audace et leur foi.

Intéressez-vous au sort des biologistes de l’Institut Vavilov, qui ont conservé intactes leurs semences rares alors qu’ils avaient, pour toute ration journalière, 125 grammes de pain noir. Ces semences mêmes qui ont aidé à relancer l’agriculture en URSS à la fin de la guerre. Lisez tout ce que vous pourrez sur les Léningradois qui, transis de froid, continuaient d’aller tous les jours au travail, mais aussi au théâtre et à la Philharmonie, où ils écoutaient, le ventre désespérément vide, de la musique classique. Parce qu’ils étaient persuadés qu’il fallait bien continuer de vivre, que la vie finirait par triompher de la mort. Et ils ont eu raison.

Rappelez-vous enfin qu’au même moment, en France, de nombreux Parisiens passaient leurs soirées en terrasse. C’était leur choix, et personne n’est en droit de les en blâmer. Ayez simplement la dignité, au moins, de respecter ceux qui ont fait un choix différent.

Faire ou subir

Intéressez-vous un minimum à la littérature et au cinéma soviétiques, qui racontent la guerre non dans les yeux d’Hollywood, mais de l’autre côté. Car vous ne savez rien de cet angle de vue. Lisez Le Destin d’un homme, du prix Nobel de littérature Mikhaïl Cholokhov, regardez Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov, Palme d’or 1958 à Cannes, ou encore La Ballade du soldat, de Grigori Tchoukhraï. Avouez qu’il existe toute une couche d’œuvres littéraires et cinématographiques de très grande qualité dont vous ne soupçonnez même pas l’existence. Et, qu’avant de discuter de la guerre avec les Russes, ce ne serait pas si mal de la revivre rien qu’un peu dans leur peau.

Car dites-vous bien qu’à côté de ceux qui ont subi la guerre, il y a aussi ceux qui l’ont faite et gagnée – et, ne vous en déplaise, ce sont les Soviétiques. Certes, en chassant Hitler, ils ne se sont pas arrêtés gentiment à leurs frontières. Ils n’ont pas laissé l’ennemi reprendre ses forces pour les envahir de nouveau – ils ont continué et ont marché sur Berlin, dressant leur drapeau rouge au sommet du Palais du Reichstag. Ils ont libéré du régime nazi puis pris sous leur contrôle les pays baltes et les États d’Europe de l’Est. Mais les Soviétiques, en ce funeste printemps de 1945, sont aussi morts par millions. Et ce sont bien eux qui ont ouvert les portes d’Auschwitz, ce sont eux que ses prisonniers attendaient avec impatience. « Les Russes arrivent », se répétaient-ils, pleins d’espoir. Et ils ont été exaucés. On reproche aux Russes d’avoir été moins bien élevés que les Allemands – si, si, on vous l’expliquera aujourd’hui à Riga, Tallin ou Vilnius. Et oui : les Soviétiques étaient des ploucs, et le régime qu’ils ont instauré en Europe de l’Est était probablement moins sympathique que le « capitalisme à visage humain » établi à la même époque en France ou en Grande-Bretagne. Mais comparer le communisme des pays de l’Est avec le régime nazi ? C’est de la mauvaise foi à l’état pur !

L’honneur de combattre l’ennemi

Et je vous en prie, ne venez surtout pas « ouvrir les yeux » des Russes avec vos « vérités » sur cette guerre – nous ne les connaissons que trop bien. Gardez pour vous vos affirmations sur la proximité des régimes nazi et communiste, vous qui n’avez jamais subi ni l’un ni l’autre. Certes, Staline était un monstre sanguinaire, un bourreau qui a ôté la vie de millions d’innocents, mais la vie n’est jamais binaire, et il arrive que celui qui incarne le Mal devienne l’instrument des forces du Bien. Car si certains semblent avoir un mal fou à se faire à cette idée, c’est bien l’URSS totalitaire et antidémocratique qui a vaincu le nazisme, quand de nombreux pays démocratiques, charmants et épris des droits de l’homme s’étaient couchés devant Hitler. C’est dans l’Armée rouge que les Juifs – soldats soviétiques comme les autres – ont eu l’honneur suprême de combattre un ennemi qui prônait leur extermination finale, quand des armées d’autres couleurs avaient baissé les armes et que des gouvernements éminemment plus respectables que celui de Staline chargeaient les porteurs de l’étoile maudite dans des wagons à bestiaux et leur offraient un aller simple pour le four crématoire.

Le fait que Staline ait été un dirigeant cruel n’enlève strictement rien à l’héroïsme sans faille des millions de soldats soviétiques qui se sont battus sans larmoyer, qui ont défendu au prix de leurs vies leur pays et leurs familles. Comment oublier les millions de jeunes volontaires, d’adolescents qui camouflaient leurs pièces d’identité afin de passer pour majeurs – et rejoindre le front ?! Ces milliers de jeunes femmes qui, ayant appris la mort de leurs maris, confiaient leurs enfants aux bons soins de leurs mères pour partir elles aussi au combat, alors qu’elles auraient pu rester au chaud, à s’occuper de leur marmaille ? Propagande, osez-vous dire ? Pas de chance. Ce sont simplement des histoires de famille que, chez nous, on se transmet de génération en génération – comme d’autres se transmettent des bijoux ou de la pierre. Parce que pour les Russes, il n’y a rien de plus précieux.

Inna Doulkina

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  1. Merci pour cette petite leçon aux occidentaux. Nous la méritons bien, hélas. Cependant, ici pas plus qu’ailleurs, il n’y a unanimité (heureusement en l’occurrence !). Nous sommes un petit nombre à avoir conscience de la réalité, par rapport à la 2nde guerre mondiale, comme pour les temps actuels. Ce n’est pas facile d’être si minoritaires et mal considérés dans son propre pays, quand les medias « mainstream » diffusent à longueur de temps la pensée unique … Merci à vos ancêtre pour leur bravoure, et à vous qui avez vaillamment pris la relève. Courage, le Bien sera vainqueur, n’en doutons
    pas !

  2. Nous somme redevable au peuple Russe, à ses soldants.à leurs familles ,victimes de cette guerre effroyable contre le dictateur d’Allemagne et tant de population qui de leur sang fut le bastion pour que l’Europe puisse renaître. Ils méritent notre respect et notre reconnaissance.

  3. « Il n’y a que la vérité qui choque », dit-on en France. Merci pour cet article qui a notamment le mérite de « remettre les pendules à l’heure », comme nous disons aussi.
    En ces temps détestables de « russian bashing systématique », il est essentiel de rappeler le sacrifice du Peuple russe et de l’Armée rouge dans le combat titanesque qui s’est déroulé notamment sur le sol de notre vieille Europe il y a plus de 70 ans afin d’anéantir ce régime abject, le nazisme. Reconnaissance éternelle à toutes Celles et à tous Ceux qui, de par le monde, ont combattu pour la Liberté, la Patrie et la Dignité humaine
    J’éprouve un immense respect affectueux pour le Peuple russe et je forme sincèrement des voeux pour qu’au delà des querelles politiques la France, en ce qui la concerne, renoue avec la tradition gaullienne des relations chaleureuses entre nos deux Pays, pourtant si proches sous certains aspects et qui ont su conduire ensemble de belles et nobles Aventures, Normandie -Niemen et la conquête pacifique de l’Espace pour ne citer que ces deux-là.

  4. Moi tout ce est dit là me semble une évidence. Cela fait dix ans que je vis et travaille dans des pays de l’ex Union Soviétique et que je suis plongé dans la Culture, l’Histoire, le cinéma et la littérature russe, qui recèlent de d’innombrables chefs d’oeuvre. Vie et Destin, Pour une juste cause, Citadelle, L’enfance d’Ivan, autant de témoignages du grand sacrifice du XXe siècle.

  5. J’ai un grand respect pour TOUS les soldats qu’ils soient Russes, français américains ou marocains qui ont combattu le nazisme. Je n’accepte pas que l’on mette tout « l’occident » de l’époque dans le même sac. Vos propos ne reflètent pas totalement la réalité, certes la Russie a payé le plus lourd tribut de la barbarie nazie, mais il ne faut pas oublier qu’il existait aussi un pack de non agression germano sovietique , que Staline avait ordonné aux partisans communistes des pays occupés de ne pas intervenir. J’ai en mémoire également des scènes de la libérations comme la libération de Varsovie où les troupes soviétiques ont décidé de ne pas soutenir la révolte et de laisser mourir ces pauvres gens avant d’aller écraser les allemands.
    Dieu merci les soviétiques (dans la grande partie) n’étaient pas des monstres sanguinaires qui violaient les femmes allemandes ou ukrainienne ou encore laissaient mourir les polonais.. Comme les français (dans la grande partie) ne sont pas des donneurs de leçon convaincu d’être des champions en quoi que ce soit.
    Pour terminer, je dirai que non ce ne sont pas les soviétiques qui ont gagné la seconde guerre mondiale, pas plus que les français ou les anglais, c’est la liberté qui a gagné la seconde guerre mondiale, et si je doute que mon commentaire soit publié je terminerai par vous conseiller également de lire les article sur le programme « Lend-Lease » qui a permis de fournir ravitaillement, armes, véhicules sans lequel l’armée rouge n’aurait jamais pu inverser la tendance.

  6. Juste une remarque. Pendant la première guerre mondiale, le régime tsariste s’est effondré sous les coups de butoir de l’armée allemande et le manque de désir du peuples russe et des autres peuples asservis de sauver ce système. Il faudrait avoir un point de vue plus historique, plus équilibré pour juger la période soviétique. Churchill a dit de Staline qu’il avait hérité d’un pays à l’âge de la charrue et l’avait laissé à sa mort à l’âge du nucléaire. Avec la révolution française nous savons que le changement de système, de société, de mode de production ne se fait jamais ou ne s’est fait jamais dans le passé sans tumulte, ce qui historiquement implique beaucoup trop de violence. Une autre remarque quand les rois, les tsars assassinent sans vergogne leur propre famille, les paysans, les serfs, ils n’ont pas droit au qualificatif de sanguinaire, de cruel. Ils ne sont pas diabolisés autant qu’un chef révolutionnaire, qu’un président qui pratiquerait pourtant de même. Ce qui effraie certains, c’est quand ceux auxquels ils s’identifient ou se laissent identifier, sont victimes de leurs propres turpitudes. Si les tsars de Russie n’avaient pas été aussi impitoyables avec leur propre peuple, il n’y aurait pas eu de Staline. Si les rois de France, si la noblesse n’avait pas été aussi cruelle avec les paysans et aussi les bourgeois de l’époque, il n’y aurait pas eu de Danton et de Robespierre. Cela est si vrai que les dirigeants du système dominant actuellement encore pour quelques temps ont appris à être moins cruels avec leur propre peuple, car en l’épargnant ils s’épargnent eux-mêmes même s’ils ont reporté leur agressivité cannibale sur d’autres peuples comme on le voit aujourd’hui en Syrie où les islamistes de Daesh ne sont que les pirates et les corsaires de l’Impérialisme occidental qui les épargnent et les utilisent pour contrôler les routes énergétiques ou commerciales de l’Eurasie.

  7. Il y a un peu plus de 70 ans, des millions d’hommes et de femmes ont donné leur vie pour que l’ignominie nazie soit détruite. Le peuple russe a participé, oh combien à cette oeuvre avec un courage et une détermination sans faille. Les descendants de ces héros sont on ne peu plus fondés à rappeler le sacrifice immense de leurs ancêtres. Alors, cessons d’ergoter et reconnaissons tout simplement la grandeur de ce peuple avec qui d’ailleurs, nos « élites » politiques feraient mieux de se rapprocher plutôt que d’appliquer bêtement les sanctions imposées par d’autres. L’Europe (pas l’union européenne) de l’Atlantique à l’Oural, ça ne vous rappelle rien ?

  8. Honnêtement, je n’ai pas l’impression que les dirigeants d’Europe de l’Ouest se permettent de rabaisser la contribution de l’URSS à la seconde guerre mondiale ou de faire un amalgame explicite entre les célébrations de la Victoire en Russie et la communication d’Etat du Kremlin.

    Quelle personnalité importante a prononcé la phrase malheureuse sur le « mythe russe » ? Vous parlez d’un Français ? J’ai cherché un peu sur internet avec cette expression de « mythe russe » en français, et je ne trouve presque que des résultats qui datent de bien avant l’arrivée de V. Poutine sur la scène politique et souvent sans rapport avec la politique. Le seul cas où la notion de mythe russe est clairement utilisée pour critiquer la communication politique de V. Poutine est cet article d’un illustre inconnu ukrainien (http://uacrisis.org/fr/15750-andrei-piontkovsky-dernier-mythe-russe), et dans cet article les « mythes » en question ne concernent pas le rôle de la Russie dans le Seconde Guerre Mondiale mais la réthorique de société égalitariste de l’URSS d’une part, et l’image virile et triomphante de V. Poutine comme sauveur de la Russie d’autre part.

  9. « Les Français, dans leur grande patrie, pensent être des champions en matière de droits de l’homme, convaincus de comprendre mieux que quiconque ce qu’est un être humain et en quoi consiste le respect de sa dignité. » Je suis très choqué par cette phrase surtout en entame d’un article sur la seconde guerre mondiale. Sans vouloir raviver des blessures profondes, les conséquences de la politique du régime de Vichy, on ne peut pas les nier. Sincèrement j’ai eu du mal à lire cette phrase car pour moi nulle personne de quelque nationalité soit-elle ne peut revendiquer une telle moralité.
    L’Histoire est une succession de faits et conséquences et le sacrifice des millions de soviétiques aura été déterminant dans l’effondrement du régime nazi. Mais que voulez vous ? Dans mes cours d’Histoire, Staline est immanquablement associé à la Guerre Froide plutôt qu’à la victoire sur le front de l’Est du conflit de la seconde guerre mondiale.
    Sans vouloir polémiquer, la figure des Etats Unis est beaucoup plus valorisée en minimisant leur participation tardive dans le conflit et que leur politique était de tout faire pour maintenir cette guerre le plus loin possible de leur territoire. Et c’est cette politique qui a déclenché la partie d’échec avec Staline et tout ce que cela aura entraîné derrière par ailleurs. Alors certes la technologie américaine et britannique aura permis à l’industrie soviétique de faire un bond en avant pendant la guerre, mais sur le terrain avant qu’elle puisse inverser le rapport de force, c’est l’élément humain qui a été primordial. La volonté du peuple soviétique à se battre est indiscutable et ne devrait en aucun cas être contestée ou minimisée. D’autant plus que l’armée allemande possédait alors une puissance formidable et que jusqu’au bout l’opposition était redoutable et qu’aucune bataille n’était gagnée d’avance. Hitler s’est défait d’un atout majeur contre le front de l’Est qui lui aura fait défaut pour contrer le débarquement à l’Ouest. Quand on sait ce que cela aura coûté aussi en vies humaines aux alliés, on peut imaginer le résultat si l’Union Soviétique aurait cédé avant.
    Se préoccuper de l’avenir, vivre le présent et garder dans nos mémoires que ce que nous sommes aujourd’hui est le fruit d’un héritage bâti bien trop souvent sur le sang versé de nos ancêtres.

  10. Je ne fais partie ni des moralisateurs ni des donneurs de leçons et je n’ai connu ni le nazisme ni le communisme. Je ne connais pas de guerre propre et sans zone d’ombres. Certes il y a eu le pacte de non agression germano-russe mais nous avons eu la rafle du Veld’hiv, le gouvernement de Vichy… Quant aux USA, ils avaient le mouvement « America First » et le « German American Bund ». Alors… J’avais 15 ans pendant la guerre froide et j’ai voulu étudier le russe au lycée. Je sais donc parfaitement ce qu’est l’ostracisme et la suspicion et je ressens aussi cette amertume que vous décrivez si bien. Enfin, je peux confirmer que l’Europe va bien de l’Atlantique à l’Oural. Quant au cinéma russe, l est vrai que les français le ne connaissent pas mais c’est oublié que sa diffusion n’existe pas dans notre pays. Je fais partie de ceux qui ont vu « Quand passent les cigognes », « Guerre et paix de S. Bondartchouk. Quant à « Andreî Roublev » de A.Tarkovski, je n’ai pas encore réussi à le voir mais je ne renonce pas.

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