La russophobie : une « machine qui déraille »

Pourquoi certains médias occidentaux s’obstinent-ils à présenter la Russie comme la source du Mal absolu ? Et pourquoi ce discours trouve-t-il de moins en moins d’écho ? Boris Kagarlitski, philosophe marxiste de renom et rédacteur en chef de la revue en ligne de gauche Rabcor.ru, tente de répondre à ces questions dans une tribune pour le site Um.plus. À la fin des années 2000, un journaliste allemand de mes connaissances, qui me parlait de la politique éditoriale de sa rédaction, a noté au passage : « N’importe quel journal occidental se fera un plaisir de publier un article où l’on dit du mal de la Russie. » Le phénomène n’a fait que se renforcer depuis. Les articles sur l’affreuse Russie et les terribles Russes sont quasiment devenus la norme quotidienne dans la presse occidentale.Cette image de la Russie dessinée par la presse rappelle les clichés de la propagande des romans de George Orwell. Moscou est présentée comme une capitale du Mal, la source d’absolument tous les problèmes survenant n’importe où sur la planète. Si l’on en croit les médias, c’est Vladimir Poutine en personne qui a piraté la boîte mail du QG de campagne d’Hillary Clinton et truqué les résultats de l'élection américaine, qui cherche à conquérir tous les pays voisins et moins voisins, qui provoque tous les désagréments politiques possibles et imaginables en Grande-Bretagne et qui fait obstacle au travail du comité Nobel.À l’intérieur de la Russie, toujours selon les médias, c’est carrément le règne de l’enfer : la presse d’opposition n’existe plus depuis longtemps, les détracteurs du pouvoir sont tous morts, en prison, réduits au silence ou exilés. La population, à l’exception d’une poignée de libéraux, est tout entière constituée d’idiots agressifs, zombifiés par la propagande, adorant l’esclavage et haïssant le monde libre, ne rêvant que de domination totalitaire globale. L’agressivité et la barbarie des Russes n’ont d’égal que leur cupidité et leur degré de corruption.La Russie a les traits du Mal absolu, elle est l’incarnation d’une menace totale, irrationnelle, immotivée et illimitée. Et la seule raison expliquant n’importe quel agissement des Russes est la haine existentielle,

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Traduit par Julia Breen

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