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Russie – Occident : une histoire d’amour qui n’a pas eu lieu

Russie – Occident : une histoire d’amour qui n’a pas eu lieu

Le printemps que la Russie et l’Occident ont connu dans leurs relations, au début des années 1990, est loin derrière. Il semble improbable, aujourd’hui, qu’en 1991, le directeur du KGB, Vadim Bakatine, ait désigné aux Américains les lieux où se trouvaient les équipements d’espionnage dans leur ambassade à Moscou. Et pourtant, il l’a fait. Les Américains ont apprécié le geste mais ne se sont pas empressés de rendre la pareille. Ils n’avaient nul besoin de dévoiler aux Russes leurs secrets. Parce que les Russes, à leurs yeux, étaient les vaincus. Ils avaient perdu la bataille. Ils méritaient de la pitié, mais il était hors de question de les traiter en égaux. C’est pourtant ce que les Russes attendaient de leur part. Car, dans leur esprit, les Russes n’ont pas perdu la guerre froide. Ils ont vécu une transformation de l’intérieur, qui n’était pas la première de leur histoire. L’URSS n’a pas été anéantie par un ennemi, elle s’est effondrée d’elle-même, sous le poids de ses contradictions internes, puissantes, irréconciliables.Les Russes ont démantelé leur empire eux-mêmes. Ils ont lancé une décolonisation de l’intérieur et ont espéré très sincèrement que plus rien ne les empêcherait alors de construire un partenariat réel avec l’Occident, le modèle, l’exemple à suivre. Les Russes ont renoncé volontairement au pays qu’ils avaient bâti au prix de gros efforts, et ils attendaient une récompense : que l’Occident leur ouvre ses portes et les accueille dans sa famille de nations de premier rang.

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Inna Doulkina