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Mourmansk : la ville où les rêves se réalisent

Mourmansk : la ville où les rêves se réalisent

Quand Nicolas II a donné l’ordre, en 1916, de fonder une ville à l’extrémité nord de son empire, au bord de l’océan Arctique, il la rêvait en grand. Romanov-sur-le-Mourman devait devenir une nouvelle incarnation de Saint-Pétersbourg : une ville moderne, munie de tout le confort de l’avenir, tel l’électricité ou le chauffage central. Une ville qui devait poursuivre et approfondir l’idée qui avait fait naître la capitale impériale : Romanov-sur-le-Mourman devait ouvrir à la Russie une deuxième fenêtre sur l’Europe, devenir une porte de sortie vers l’Occident, et d’entrée vers la Russie pour ce dernier. Parce que, quand Nicolas II décide de fonder Romanov-sur-le-Mourman, la Première Guerre mondiale bat son plein. Les navires russes sont bloqués en mer Noire et dans la Baltique. Et l’océan Arctique est la seule voie par laquelle la France et l’Angleterre, ses alliés de la Triple-Entente, peuvent fournir à la Russie des armes et du ravitaillement. La construction d’un port sur la péninsule de Kola devient une nécessité absolue : il est fondé en 1915, un an avant la ville.Et tout comme Saint-Pétersbourg, Romanov-sur-le-Mourman a été bâtie en des lieux hostiles, quasiment inhabitables. Seules quelques tribus de Samis et de Pomores vivaient sur ces terres austères où, pendant quarante jours de l’année, on ne voit pas la lumière. Située au-delà du cercle polaire, Mourmansk – le nom dont on la rebaptise dès 1917 – vit pendant un mois un demi dans l’obscurité : le soleil ne se lève pas, la ville est plongée dans le noir, avec une période de crépuscule entre 11h et 14h.Comme Saint-Pétersbourg, Mourmansk est fondée là où il ne fait pas bon vivre, où la nature résiste à l’homme, où elle préfère régner seule et toute puissante. Mourmansk est un défi lancé par l’homme aux forces naturelles, et – comme Saint-Pétersbourg – c’est un défi relevé avec brio. En 1703, les Russes ont apprivoisé la nature sur les marais de la Neva ; deux siècles plus tard, ils ont reproduit l’expérience au bord de la mer de Barents.
« Ici, le port embrasse la ville »
La Mourmansk d’aujourd’hui est une ville qui étincelle de mille feux, où des trolleys munis du wi-fi bruissent sur les routes enneigées.C’est d’ici que partent les brise-glaces nucléaires russes qui fraient la voie aux navires – du monde entier – qui circulent sur le passage du Nord-Est : et c’est aussi là que flotte,

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Inna Doulkina