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Les démons du Centre Eltsine

Les démons du Centre Eltsine

La ville de Ekaterinbourg a vu naître Boris Eltsine. Et c’est là qu’a ouvert, le 25 novembre dernier, le tout nouveau Centre Eltsine, musée et centre scientifique qui s’est fixé pour mission d’étudier l’héritage du premier président de la Russie post-soviétique. La construction, entièrement financée par l’État, a coûté 7 milliards de roubles (environ 98 millions d'euros). Si le personnage de Eltsine est généralement présenté sous des traits positifs en Occident, il éveille en Russie des sentiments bien plus divers, et contradictoires. L’écrivain Zakhar Prilepine fait part des siens dans un billet pour le site Rousskaïa Planeta. À l’époque de Elstine, la Russie s’est scindée en deux. L’une des deux est allée se battre en Transnistrie, en Abkhazie, en Tchétchénie, en Serbie, puis de nouveau en Tchétchénie. Entre ces guerres, elle a vivoté dans ses villes mono-industrielles privées d’industrie – et appris à survivre. L’autre Russie est allée en boîte, s’est droguée, s’est lancée dans les relations publiques et les technologies politiques, a amassé un argent fou, s’est fait élire députée, a gravité autour de jeunes réformateurs et nouveaux gouverneurs. Elle est partie à Goa, en Thaïlande, en Europe. Ces deux Russies ont mené des existences parallèles, sans se croiser. À grand-peine, on pouvait passer de la première à la seconde – mais l’inverse ne s’est jamais produit.

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