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Ukraine-Union européenne : gare aux désillusions !

« Historique ». L’adjectif a été répété à l’envi par les journalistes occidentaux à propos de la signature, le 27 juin, de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Ukraine.

Une fois l'euphorie passée, l'Ukraine devrait se réveiller avec une sérieuse "gueule de bois". Crédits: kievukraine.info
Une fois l’euphorie passée, l’Ukraine devrait se réveiller avec une sérieuse « gueule de bois ». Crédits: kievukraine.info

L’événement a, en effet, une portée symbolique et politique importante. Sept mois après la volte-face de Viktor Ianoukovitch lors du sommet du « Partenariat oriental » à Vilnius, Bruxelles – et Washington – savourent leur revanche sur la Russie. Elle a pourtant un goût amer. Surtout pour l’Ukraine, qui entre temps a perdu la Crimée et qui lutte désespérément pour conserver le Donbass dans son giron. Et qui, passée l’euphorie, devrait se réveiller prochainement avec une sérieuse « gueule de bois ».

Car l’accord d’association ne règle aucun de ses problèmes et repose sur un marché de dupes ou, plutôt, sur une illusion. Au plan économique, l’ouverture du marché européen à certaines marchandises ukrainiennes est évidemment positive. L’aide promise par Bruxelles et déjà partiellement mise en œuvre permettra – avec les crédits du FMI – d’éviter le défaut de paiement. Mais cela ne suffira certainement pas à ramener l’Ukraine sur le chemin de la croissance et d’un développement équilibré. A court terme, la population va ressentir les effets des mesures d’austérité (augmentation des prix de l’électricité, du gaz et de l’eau), les conséquences du conflit dans le Donbass et les répercussions de l’inévitable guerre commerciale à venir avec la Moscou (restrictions prévisibles des importations russes de produits agricoles ukrainiens, suspension des exportations de matériels militaires ukrainiens vers la Russie, qui font vivre des dizaines de milliers de personnes à Zaporojie, Dniepropetrovsk ou Donetsk). La promesse de prospérité – car c’est bien ainsi qu’est perçu à Kiev le rapprochement avec l’Union européenne – risque d’être déçue, comme celle d’une abolition rapide des visas pour les Ukrainiens désirant séjourner dans la zone Schengen.

L’accord d’association signé le 27 juin ne règlera pas non plus le problème vital auquel est confrontée l’Ukraine – celui de la guerre et de la paix dans ses provinces orientales. Ce que souhaite Maïdan aujourd’hui, c’est un écrasement par la force de l’insurrection qui a éclaté en avril dans les régions de Lougansk et de Donetsk. Et une vigoureuse politique de « containment » de Moscou par une communauté euro-atlantique ressoudée face à la menace russe. Or la position que promeuvent depuis le 6 juin la chancelière Merkel et le président Hollande est au contraire celle d’une négociation avec les insurgés russophones et Vladimir Poutine. C’est également celle de Petro Porochenko, qui sait qu’une solution militaire est impossible sauf à risquer un bain de sang et un conflit ouvert avec la Russie. Gageons que les accusations de trahison envers les capitales européennes et le chef de l’État ukrainien devraient rapidement prendre de l’ampleur.

Enfin, l’accord d’association n’ouvre pas la voie à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Le scénario le plus probable est qu’elle n’y entre jamais, en tout cas pas dans un avenir prévisible, tant en raison de sa situation intérieure que de l’opinion publique de la plupart des États fondateurs, désormais profondément hostile à toute perspective d’élargissement. Les hommes politiques et fonctionnaires qui, à Varsovie, Stockholm ou Bruxelles, font encore miroiter à Kiev une perspective d’intégration sont des marchands d’illusions qui ne rendent service ni aux Ukrainiens ni à la stabilité du continent.

Arnaud Dubien

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    1. L’accord des voleurs menteurs.
      Autrement dit que du vent, tempête qui par contre détruira la vie quotidienne des Ukrainiens. Les européens hypocrites et fauchés ne lèveront pas le petit doigt.
      Cette vidéo pour entrevoir ce qui les attend : « La stratégie du choc » de Naomi Klein, application de la doctrine Friedman. https://www.youtube.com/watch?v=gl3H7nHEHNg
      Porochenko est revenu des USA les mains vides, tout comme Gorbatchev en son temps, Pinochet et Peron. Les peuples paieront le prix du sang et des larmes, tandis que les oligarchies d’ici et d’ailleurs continueront de se remplir les poches.

  1. C’est pas notre probleme l’Ukraine, que les USA qui ont monte cette tragedie paient – Nous ne voulons plus de l’elargissement, que les oligarques et corrompus ukrainiennes renflouent les caisses – ils attendent l’argent de l’Union europeenne pour s’en mettre encore plein les poches – c’est un desastre et tout cela pour que les USA encerclent un peu plus la Russie et regne sur l’union europeenne –

    1. tout cela correspond à une politique orchestrée par les usa pour déstabiliser la Russie et la museler. et bien entendu l’Europe en bon toutou des USA suit les ordres. Alors qu’économiquement, statégiquement, culturellement nous sommes de fait partenaires de la Russie, qui géographiquement prolonge l’Europe.

  2. Les réveils vont être difficiles. Aujourd’hui le pouvoir en place à Kiev donne à sa population penser que l’adhésion se fera rapidement, que la manne européenne tombera du ciel et que les Ukrainiens pourront voyager sans visa… Mais demain cela sera la rigueur et la purge conditions sine qua non pour le FMI et la BERD, et les Ukrainiens se réveilleront plus pauvres qu’avant dans un pays en ruine…

  3. l’Ukraine c’est plus de 40 millions d’habitants et trop endetté. C’est trop gros pour l’Europe. Ce n’est pas le FMI qui va aider à la relance du pays. Les voyous au pouvoir vont se servir en premier. L’Europe commence à le voir, les allemands ont été les premiers à s’en rendre compte. En France, nous comme d’hab. on ne voit rien. Les dirigeants européens ont dû relire ou apprendre l’histoire de l’Ukraine.

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