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Ça aussi, ça passera

Ça aussi, ça passera

Edouard Limonov regrette que les femmes russes ne portent plus de châles.Je vais maintenant geindre un peu. Non, je ne suis pas précis, je ne vais pas geindre, je vais simplement, comme un vieux classique, comme un quelconque Chateaubriand dans SES Mémoires d’outre-tombe, nostalgiser un peu sur la vieille vie.Les gens, hommes et femmes, avec qui j’ai commencé de vivre (je suis né en 1943 et suis arrivé à la conscience et ai commencé d’observer le monde à peu près en 1950), n’existent déjà plus. Ceux qui étaient adultes quand je les voyais sont morts depuis longtemps.Les bonshommes étaient d’impossibles machos. Grossiers, puissants, aux expressives faces de cuir comme ceux des méchants saints dans le film de Pasolini, L’Évangile selon saint Mathieu. Le dernier des invalides pouvait vociférer d’en bas depuis son chariot sur roulements à billes – et sa gueule de tord-boyaux, comme un dragon, s’enflammait. Les bonshommes avaient tous des faces de prisonniers de droit commun. Même les fonctionnaires étaient privés de lustre, sorte de lourdes patates en costume.Et chez les femmes tout était glamour. Aujourd’hui chez les femmes, il n’y pas autant de glamour. Aujourd’hui, chez la femme soit domine le masculin, soit le côté poupée, soit carrément l’asexué. En ces temps d’après-guerre, chaque femme était une vraie femme.Elles savaient pleurer. Aujourd’hui, elles ont oublié comment pleurer parce qu’elles n’éprouvent pas de véritables émotions.

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Traduit par Julia Breen