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Evgueni Vodolazkine

« La littérature permet tout »

Né en 1964 à Kiev, le médiéviste Evgueni Vodolazkine vit aujourd’hui à Saint-Pétersbourg. Chercheur à l’Académie des sciences, reconnu pour la qualité de ses travaux scientifiques, il fait une entrée fracassante dans la littérature en 2009, avec un premier roman intitulé Soloviev et Larionov.1

Propos recueillis par Anna Stepanova

« Je suis venu à la littérature, dit Evgueni Vodolazkine, parce que la science est comme un sonnet, qui compte strictement quatorze vers, ni plus ni moins, alors que j’avais envie d’en écrire cent vingt ou cent cinquante. La science est un processus purement rationnel, or l’homme a également des émotions, impossibles à intégrer dans le travail scientifique. La littérature, elle, permet tout. »

Publié en 2012, son deuxième roman, Les Quatre Vies d’Arseni2, qui entraîne le lecteur dans le Moyen Âge russe, lui vaut, l’année suivante, d’être lauréat du prix « Bolchaïa Kniga », l’un des plus prestigieux de Russie. Quatre ans plus tard, le roman L’Aviateur3 recourt au fantastique – une tradition dans la littérature russe – pour mieux éclairer les réalités d’aujourd’hui : le héros, né en 1900, arrêté sous Staline, a servi de cobaye au laboratoire de cryogénisation du camp des îles Solovki. Congelé, il se réveille en 1999…

À la fin de 2018, est paru en russe un nouveau roman de l’auteur, Brisbane4.

Le Courrier de Russie : Après le succès des Quatre Vies d’Arseni, n’était-il pas risqué de publier un roman aussi différent que L’Aviateur ?

Evgueni Vodolazkine : Je n’avais pas le choix. J’aurais pu, bien sûr, écrire une multitude de suites aux Quatre Vies,

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