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Loukianov : « Kiev a choisi de rompre tous les liens qui l’unissent à la Russie »

Pourquoi Kiev est-elle prête à céder une partie de sa souveraineté à l’Union européenne ? Et en quoi a-t-elle intérêt à la confrontation avec Moscou ? Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs, analyse pour Lenta.ru les motivations réelles des élites russes et ukrainiennes dans cet affrontement qui n’est pas près de cesser. La visite officielle du président ukrainien Petro Porochenko à Washington, au cours de laquelle il a enfin pu s’asseoir aux côtés de Donald Trump, s’est rapidement transformée en un nouvel épisode de la guerre de l’information qui oppose Kiev et Moscou. Le dossier russo-ukrainien croule de plus en plus sous les tonnes de déchets de la propagande réciproque. Pourtant, le conflit autour de l’Ukraine est lourd de dangers, et mérite sans aucun doute une approche plus sérieuse.Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’Ukraine a aujourd’hui l’avantage politique – ses autorités actuelles ont très peu à perdre. Certes, on est un peu mal à l’aise en voyant Kiev présenter cette mesure purement technique qu’est la levée du régime de visa avec l’UE pour les courts séjours quasiment comme le point culminant de son histoire nationale. Ni la Géorgie, ni la Moldavie, qui ont obtenu le même statut un peu plus tôt, n’ont songé à le célébrer en si grande pompe, sans parler des pays d’Amérique latine ou des Caraïbes, qui bénéficient d’un privilège depuis plusieurs décennies. L’Ukraine est tout de même un grand pays européen, et être traitée de cette façon devrait lui sembler plutôt humiliant. Mais c’est lire la situation depuis notre position de grande puissance et au travers de toutes les représentations qui y sont liées. Cela ne s’applique pas à l’Ukraine, mue par une autre logique de construction de son État.

« La Russie ne doit pas s’attendre à ce que l’Ukraine s’effondre politiquement »

Acquérir sa souveraineté, pour Kiev, signifie tout autre chose.

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Traduit par Julia Breen

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Souvenirs rock
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Postface au 70e anniversaire de l’OTAN

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