Le Courrier de Russie

Nouvelle éruption de violence à Donetsk : les habitants se serrent les coudes

Voici déjà plusieurs jours, depuis le 26 janvier, que les combats ont repris à l’Est de l’Ukraine, entre les forces armées ukrainiennes d’un côté et les troupes de la république populaire de Donetsk de l’autre. La population civile, prise en otage entre les deux camps, subit des bombardements au quotidien. Une dizaine de victimes à Donetsk et à Avdiivka sont à déplorer. Le journaliste russe Pavel Klimov présent sur place raconte ce qui se passe en ce moment à Donetsk pour le portail les.media, qui réunit des reporters indépendants russophones.

Donetsk. Un minibus à moitié vide roule, brinquebalant, en direction du centre-ville. « Lena, regarde dans l’armoire et fais un tas des fringues qu’on ne met pas. Je les emporterai quand je reviendrai à la maison. Regarde si tu trouves des trucs pour enfant », dit au téléphone un homme d’âge moyen, baissant un peu la voix.

Partout ailleurs, une telle scène étonnerait peut-être, mais à Donetsk, partager avec ceux qui sont dans le besoin est une chose ordinaire. Les gens savent que personne n’est assuré contre l’obus qui vous prive instantanément de toit sur la tête et de tout ce que vous possédez. Aujourd’hui, vous partagez, demain, s’il le faut, on partagera avec vous.

La température de l’air chute à mesure que la situation chauffe. En seulement quelques jours, la vie des habitants de Donetsk, de « dure », est devenue presque « insoutenable ». Le grondement de l’artillerie, le rugissement des mitraillettes gros calibre ne s’apaisent pas depuis plusieurs jours. Le centre et les environs ont fusionné en une seule grande cible, où l’on ne trouve plus un coin sûr. Avec ça, les habitants de Donetsk s’efforcent de ne pas perdre la tête, en cherchant du réconfort dans la routine du quotidien.

« Les carottes sont cuites »

Selon la version officielle, le degré de tension a bondi au matin du 29 janvier ; […]