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Poutine, Hollande, Porochenko et Merkel à Berlin pour discuter de l’avenir de l’Ukraine

Les dirigeants russe, allemand, français et ukrainien doivent se rencontrer mercredi 19 octobre, à Berlin, pour débattre d’un plan de rétablissement de la paix en Ukraine. Qu’attendent les autorités ukrainiennes de ces négociations et quelles sont les perspectives de règlement pacifique de la situation dans le Donbass ? Enquête à Kiev et Lvov des correspondants de Kommersant Maxim Iioussine et Ianina Sokolovskaïa.

« Peu importe qui a tué Motorola »

24 heures encore avant l’annonce de l’ouverture de ces négociations au format de Normandie, on avait l’impression que le processus de paix en Ukraine était gelé pour longtemps, et ce notamment après l’assassinat, le 16 octobre, à Donetsk, du chef du bataillon pro-russe Sparta, Arseni Pavlov, plus connu sous le surnom de « Motorola ».

Plusieurs députés ukrainiens ont attribué sa mort au Groupe de diversion et de renseignement ukrainien (DGR) et ont proclamé « une victoire éclatante dans la guerre contre les séparatistes ». Le parlementaire Igor Mossiïtchouk, du Parti radical, a même promis de communiquer « les détails de la liquidation de Motorola » après qu’il aurait discuté avec les exécutants de cet assassinat.

Les représentants des autorités ukrainiennes interrogés par Kommersant se sont toutefois montrés plus prudents, évitant de revendiquer la responsabilité d’une opération que les partenaires occidentaux de l’Ukraine peuvent parfaitement qualifier d’attentat terroriste, ce qui risquerait de créer des difficultés supplémentaires, à Berlin, pour le président Porochenko.

« Rien ne prouve que celui que l’on surnommait Motorola a été liquidé par les forces de l’ordre ukrainiennes », a ainsi déclaré à Kommersant le député du Bloc Petro Porochenko (BPP) à la Rada Alexander Tchernenko. « Tout indique au contraire qu’il a été tué par les siens. Ce n’est pas le premier mort parmi les seigneurs de guerre séparatistes, et, vraisemblablement, pas le dernier non plus », est persuadé le parlementaire.

Interrogé sur l’influence potentielle de l’assassinat d’Arseni Pavlov sur la situation dans le Donbass, l’analyste politique Viktor Oukolov, proche de l’administration du président ukrainien, a répondu à Kommersant : « Peu importe qui a tué Motorola : ce n’est pas une figure assez importante, aux yeux de Moscou, pour changer toute la stratégie de la Russie dans l’est de l’Ukraine. La partie russe ne soulèvera pas cette question à Berlin. Et l’Union européenne non plus, vu que la culpabilité de Kiev dans cet assassinat n’est pas prouvée, et qu’elle ne peut pas l’être. »

«Le front s’est rapproché des villes »

Malgré l’affrontement qui s’est déchaîné dans les discours après la mort de Motorola, aucun des interlocuteurs de Kommersant, à Kiev, ne croit au retour de la guerre dans le Donbass. « La rhétorique patriotique et cinglante lors des interventions publiques face à un auditoire exalté est une chose, mais la politique réelle en est une autre, affirme ainsi une source de Kommersant proche du gouvernement ukrainien. Et pour ceux qui vivent dans le monde de la politique réelle, il est clair qu’on ne verra pas éclater de combats de grande ampleur, que la guerre ne recommencera pas dans le Donbass. […]

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Traduit par Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

International

Damanski
le souvenir russo-chinois à ne pas réveiller

Il y a un demi-siècle, en mars 1969, l’île Damanski (dans la région du Primorié, dans l’Extrême-Orient russe) était le théâtre d’un conflit armé entre l’URSS et la Chine. Moment décisif de la rupture entre les deux géants communistes, ce litige frontalier a redessiné en profondeur les grandes alliances internationales, notamment en engageant un rapprochement entre la Chine et les États-Unis.En 1941, en Extrême-Orient, les Soviétiques prennent le contrôle de la rivière Oussouri et des îles qui s’y trouvent – dont la neutralité est assurée par un traité sino-russe signé en 1860. Ils les conservent après la débâcle du Japon, qui occupe alors le nord-ouest de la Chine. Proclamée en 1949, la République populaire de Chine, doit trop à son « grand frère communiste du Nord » pour soulever des questions territoriales embarrassantes.Mao Zedong évoque de plus en plus souvent les « territoires illégalement occupés par l’URSS »À la fin des années 1950, les relations entre l’URSS et la Chine se détériorent. Mao Zedong dénonce la « déstalinisation » entamée par Khrouchtchev et, dans la courte guerre sino-indienne de 1962, Moscou prend le parti de Dehli, renforçant le « Grand Timonier » dans son rejet des « révisionnistes soviétiques ». Peu après, Moscou rappelle tous ses « conseillers techniques » dépêchés auprès du gouvernement chinois. Lors de ses rencontres avec les dirigeants étrangers, Mao Zedong évoque de plus en plus souvent les « territoires illégalement occupés par l’URSS » – entre autres les îles Kouriles (revendiquées par le Japon), et celles de la rivière Oussouri.Île Damanski sur le fleuve Oussouri. Crédit : PanoramioConsciente du potentiel explosif d’un litige territorial avec son voisin, Moscou envoie à Pékin, en février 1964, une délégation chargée de trouver un accord sur la question des frontières. Les négociations durent près de six mois et se soldent par un échec : les Chinois dénient toute force juridique à la frontière établie pendant la Seconde Guerre mondiale, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 mars 2019
Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARPA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, l’armée américaine a mis au point ces systèmes pour ses propres besoins stratégiques, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019

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