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Format Normandie

Ukraine : le format de Normandie patine à Berlin

Les dirigeants du « format de Normandie » (Allemagne, France, Russie, Ukraine), rassemblés pour une session de négociations le 19 octobre à Berlin, ne sont pas parvenus à avancer sur le règlement de la crise ukrainienne. La rencontre, la première depuis un an, a duré près de cinq heures.

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Les dirigeants du « format de Normandie ». Crédits : kremlin.ru.

Vladimir Poutine, François Hollande, Angela Merkel et Petro Porochenko avaient admis, la veille, qu’ils attendaient peu de chose de ces négociations. Cependant, de l’avis de la chancelière allemande, la rencontre a été utile. « Cette journée, comme je le prévoyais hier, n’a pas apporté de miracle. Mais nous avons discuté d’un processus de travail qui possède de nombreuses nuances », a déclaré cette dernière.

« Il n’y a pas d’alternative au format de Normandie », a estimé pour sa part Petro Porochenko à l’issue des pourparlers, ajoutant que les ministères des affaires étrangères du « G4 de Normandie » devraient présenter, fin novembre, une « feuille de route » détaillant le plan de réalisation des accords signés en février 2015 à Minsk. Le président ukrainien a également annoncé que le « G4 de Normandie » avait accepté l’envoi dans le Donbass d’une mission policière armée sous l’égide de l’OSCE, précisant que des postes de contrôle seraient ouverts, dans un premier temps, dans trois zones de sécurité pilote. Angela Merkel a toutefois fait preuve de plus de précaution, se contentant de déclarer : « Nous avons parlé du fait que les observateurs de l’OSCE obtiennent un accès à toutes les régions, jusqu’à la frontière. »

Si le président russe a confirmé cette volonté d’élargir la mission de l’OSCE dans la zone d’évacuation des armes lourdes et les lieux où elles seront conservées, Moscou n’a pas soutenu l’envoi d’une mission armée dans le Donbass, a confié par la suite une source de RBC. La partie russe n’a accepté que l’augmentation du nombre d’observateurs de l’organisation dans la région. « Nous nous sommes mis d’accord pour continuer à choisir les lieux, sur le territoire, où l’on pourra poursuivre le travail d’évacuation des armes et des combattants. Cette évacuation a déjà été réalisée à deux endroits », a indiqué Vladimir Poutine, insistant tout particulièrement sur le fait que le processus de mise en œuvre d’un statut spécial pour les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk serait poursuivi. Vladimir Poutine a enfin regretté l’absence de progrès, selon lui, dans la résolution des problèmes humanitaires que subit le Sud-Est ukrainien.

Ainsi, si MM. Poutine, Merkel, Hollande et Porochenko se sont mis d’accord pour commencer le travail sur une « feuille de route », l’exécution concrète et les points prioritaires de cette dernière demeurent vagues. En outre, MM. Merkel et Hollande ne se sont pas entendus avec M. Porochenko sur la question de la conduite d’élections dans le Donbass : alors que Paris et Berlin insistent pour qu’elles soient organisées, Kiev estime qu’« il n’est pas question d’élections pour le moment ».

L’achoppement de Minsk

Malgré l’absence de progrès visibles à l’issue de cette rencontre de Berlin, les experts considèrent qu’il n’y a effectivement pas d’alternative, aujourd’hui, aux accords de Minsk ni au format de Normandie. « Le format de Normandie demeure la forme la plus optimale d’interaction, assure le directeur de l’Institut des stratégies globales, Vadim Karassev, cité par RBC. À l’en croire, la seule autre option possible serait des négociations bilatérales russo-ukrainiennes, peu probables dans le contexte actuel.

Le directeur du Centre ukrainien d’études politiques appliquées Penta, Vladimir Fessenko, interrogé par RBC, souligne que Moscou et Kiev comprennent différemment les accords de Minsk. « La Russie et l’Ukraine ont des visions différentes de l’avenir des républiques de Donetsk et de Lougansk. Le Kremlin voudrait que l’Ukraine, au fond, se charge d’entretenir les deux républiques séparatistes tout en leur accordant une très large autonomie. Kiev, à l’inverse, cherche à reprendre le contrôle sur ces territoires, sans leur garantir un quelconque statut particulier », analyse l’expert.

La Syrie au tournant

Après les pourparlers dans le cadre du « format de Normandie », le président russe s’est entretenu avec les dirigeants européens sur la situation de la ville syrienne d’Alep, où l’aviation russe et les troupes gouvernementales ont interrompu les bombardements depuis le 18 octobre. MM. François Hollande et Angela Merkel se sont exprimés très sévèrement à l’issue de ces débats : « Ce qui se passe à Alep est un véritable crime de guerre », a martelé le président français, tandis que la chancelière allemande a qualifié les bombardements sur Alep d’«inhumains », soulignant qu’il serait « impossible de faire la distinction entre les terroristes et la population civile » sans proclamer une trêve. Pour la dirigeante allemande, la Russie porte une responsabilité particulière pour les événements actuels en Syrie.

La question de la pause humanitaire que la Russie et la Syrie ont fixée pour aujourd’hui, jeudi 20 octobre, à Alep a également été abordée. François Hollande estime que cette pause devrait durer non quelques heures, mais quelques jours, afin de garantir l’accès libre de l’aide humanitaire à la ville et de permettre à certains groupes de combattants de quitter Alep.

De son côté, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie avait l’intention de prolonger l’interruption des frappes aériennes « aussi longtemps que possible ». « Nous sommes prêts à le faire tant que les bandes armées retranchées à Alep se tiendront tranquilles », a-t-il précisé.

LCDR

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