L’Ukraine et l’Union européenne doivent signer un accord d’association: Où s’en va l’Ukraine

Où s’en va l’Ukraine

L’Ukraine et l’Union européenne doivent signer le 28 novembre prochain, à l’occasion du sommet du Partenariat oriental à Vilnius, un accord d’association. La revue russe Ekspert craint que cet accord n’entraîne une dégradation de la situation économique et politique de l’Ukraine et n’enclenche sa désintégration.« L’Ukraine rompt définitivement avec la Russie et deviendra vraiment l’Europe », « L’Ukraine marche vers l’Europe » : c’est le genre de titres qui ont caracolé ces derniers mois en une des médias ukrainiens. « Cinq cent millions de riches consommateurs – le rêve de tout producteur – pourront devenir une réalité pour l’Ukraine dès le mois de novembre », développait notamment l’hebdomadaire ukrainien Focus. La revue ukrainienne Khvilya notait que cette étape permettra à l’Ukraine de se transformer en une économie développée et innovante, intégrée dans le système économique de l’UE, et que l’Union va fournir à l’Ukraine une aide financière généreuse et approfondir l’intégration jusqu’à se convaincre de l’irréversibilité du processus. Depuis les écrans de télévision, un des principaux négociateurs avec l’UE pour la partie ukrainienne, Taras Katchka, s’est adressé à la population en assurant que l’accord en question était un signe évident que l’Ukraine serait acceptée dans l’UE, que simplement on ne pouvait pas encore en parler ouvertement aujourd’hui. Dans le même temps, les médias de la Fédération de Russie dessinaient une image tout à fait autre. Divers articles sont parus dans la presse russe sur le fait que l’accord en question n’était pas à l’avantage de l’Ukraine, et le conseiller du président Sergueï Glazev, qui œuvre à la promotion de l’Union douanière, a déclaré que l’association aurait des conséquences catastrophiques pour l’Ukraine et flirtait avec le suicide national. Ces déclarations de la partie russe ont été appuyées par le renforcement du contrôle sur l’import de marchandises ukrainiennes sur le territoire de la Russie, notamment l’interdiction temporaire sur l’import des confiseries de la fabrique Roshen.L’Union européenne, de son côté, principalement en la personne de politiciens polonais et lituaniens, a accusé la Russie de tenter d’empêcher à n’importe quel prix une intégration avec l’UE bénéfique à l’Ukraine, afin de garder le pays à végéter pour toujours sous son influence.

J’ai lu la liste des bateaux jusqu’à la moitié

Notre tentative de prendre connaissance du texte de l’accord d’association que s’apprête à signer l’Ukraine s’est heurtée dès le départ à des difficultés inattendues. Le texte s’avère d’abord extrêmement difficile à trouver : il n’est pas publié sur le site de la Commission européenne, et même sur celui du Parlement ukrainien, qui a déjà voté pour la signature de l’accord, il n’est disponible que dans sa traduction ukrainienne, et exclusivement la partie générale.C’est-à-dire que le plus important – les annexes, qui énumèrent les quotas pour chaque secteur et représentent 70 % de tout le texte – n’est pas disponible.Difficilement, mais nous avons fini par tout de même trouver le texte en entier. Il s’agit de 1000 pages, écrites dans la langue de la bureaucratie bruxelloise, et seul un individu spécialement entraîné peut se frayer un passage à travers cette course d’obstacles. Ainsi, après une brève étude, nous nous sommes forgé la ferme opinion que, dans leur grande majorité, les députés de la Rada ukrainienne n’ont tout simplement pas pu lire le texte, ni dans sa version intégrale, ni tronqué.Au cours de nos recherches, en outre, nous n’avons pas pu dénicher l’ombre d’un compte-rendu analytique établi par les experts et spécialistes ukrainiens à destination des politiciens et hommes d’affaires. Par conséquent, les politiciens ukrainiens devront s’appuyer exclusivement sur l’information fournie par les canaux affiliés aux structures européennes. Par exemple, par le groupe d’Olga Choumilo-Tapiola, aujourd’hui membre du Centre Carnegie bruxellois et présidente du groupe d’experts ukrainiens chargés de juger du degré de préparation de l’Ukraine à l’accord d’association avec l’UE.Évidemment, la qualification de tels experts leur permet de comprendre la documentation de l’Union européenne ; mais là, un autre danger se fait jour – celui des estimations préconçues, dictées par les intérêts de l’UE dans l’affaire. Par exemple, les médias ukrainiens font état d’un chiffre de 400 millions d’euros de bénéfice annuel pour l’économie ukrainienne suite à l’association avec l’UE. Cependant, quand Ekspert a demandé à Taras Katchka, négociateur pour la partie ukrainienne, de commenter ces calculs,

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Traduit par Julia Breen

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