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Frappes en Syrie : « Trump et son équipe ne veulent plus être traités d’agents de Poutine »

Pourquoi Donald Trump a-t-il décidé de frapper la Syrie ? Comment la Russie va-t-elle réagir à cette décision ? La visite du secrétaire d’État américain Rex Tillerson en Russie, le 12 avril dernier, a-t-elle permis à Moscou et Washington de repartir sur de nouvelles bases ? Le rédacteur en chef de Carnegie.ru, Alexandre Baounov, propose des pistes de réflexion pour Fontanka.

Fontanka : Après avoir rencontré le président Poutine, le 12 avril, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a refusé de parler aux journalistes. Pourquoi ?

Alexandre Baounov : On peut en déduire que les deux hommes ne sont parvenus à aucun accord.

Fontanka : Le jour de cette rencontre, la Maison-Blanche a publié un rapport sur les circonstances de l’attaque chimique perpétrée à Idleb. Le ton de l’Occident à l’égard de la Russie n’a jamais été aussi dur que dans ce document. Qu’est-ce que cela signifie ?

A.B. : Cela signifie que Trump et son équipe ne veulent plus être traités d’ « agents de Poutine ». Ils veulent continuer à polir leur image d’individus résolus, en particulier pour se distinguer d’Obama et de Clinton. C’était d’ailleurs le leitmotiv de la campagne de Trump : « Je ne suis ni Clinton, ni Obama, ni une poule mouillée. » Il se montre décisif dans le sens où il ne se laisse dicter son comportement par personne et qu’il est prêt à aller à contre-courant pour défendre les intérêts des États-Unis. Il n’a pas peur de la presse, de la bureaucratie ou des partis. Vis-à-vis de la Russie, il essaye de se montrer résolu en obligeant Poutine à coopérer dans la lutte contre le terrorisme islamiste. Autrement dit, il veut réussir là où Obama a échoué.

Fontanka : En définitive, qui est l’auteur de l’attaque chimique perpétrée dans la province d’Idleb ?

A.B. : Nous ne savons pas encore précisément ce qui s’est passé. Abstenons-nous dès lors, pour l’heure, de nommer un responsable. Ce que nous savons pour sûr, c’est que cette attaque a contraint Trump à prouver qu’il n’était pas une poule mouillée. […]

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Traduit par Maïlis Destrée