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Réaction chimique, ou pourquoi les États-Unis ont attaqué la base aérienne syrienne

Dans la nuit du 6 au 7 avril, le président Donald Trump a ordonné le bombardement de la base aérienne gouvernementale syrienne de l’aérodrome de Shayrat, dans la province de Homs. Marianna Belenkaïa, experte russe du Moyen-Orient, analyse pour Carnegie.ru les origines et conséquences de ces frappes.

Les États-Unis ont lancé plus de cinquante missiles Tomahawk sur une base aérienne militaire syrienne de la province de Homs. Il s’agit, de la part de Washington, d’une réponse à l’attaque chimique lancée le 4 avril dernier sur la zone d’Idleb, sous contrôle de l’opposition syrienne armée et du front al-Nosra. L’enquête internationale en cours sur cette attaque contre la population civile, menée par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), ne doit s’achever que la semaine prochaine. Les États-Unis et leurs alliés n’ont toutefois aucun doute sur le fait qu’elle a été perpétuée par l’armée syrienne (les avions sont partis de la base visée par les Américains), couverte par la Russie.

L’opinion américaine est partagée par le Royaume-Uni et la France. Dans les pays arabes, la première réaction est arrivée d’Arabie saoudite, qui a exprimé un soutien inconditionnel à Washington. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a qualifié les frappes américaines, d’ « agression et de violation du droit international sous un prétexte fallacieux ».

Les tirs de Tomahawk ont commencé une demi-heure après que les consultations au Conseil de sécurité ont été suspendues, sans avoir donné aucun résultat. À l’issue de deux heures de débats, en effet, les diplomates ont fait une pause. La Russie venait de rejeter un projet de résolution anglo-américano-français, exigeant que Damas fournisse un rapport complet sur ses vols effectués le jour de l’attaque, et autorisant l’introduction de sanctions ainsi que l’usage de la force contre le pouvoir syrien s’il était prouvé que ce dernier avait affectivement utilisé des armes chimiques. Donald Trump n’a pas attendu que les diplomates aient fini de réfléchir.

Désormais, la question est de savoir si ces frappes ne seront que ponctuelles, si elles resteront une déclaration d’intention ou si, à l’inverse, elles annoncent le début d’une vaste opération des États-Unis et de leurs alliés contre le président Assad ? On se retrouve dans la même situation qu’il y a quatre ans. Assad avait alors risqué de connaître le même sort que son collègue irakien Saddam Hussein : intervention militaire directe de l’extérieur, non ratifiée par l’ONU, puis mise en place d’une structure dirigeante également imposée depuis l’étranger. Mais à l’époque, la Russie avait trouvé une solution de compromis. Aujourd’hui, la question d’une intervention militaire revient à l’ordre du jour. Et ce, à un moment où les parties en conflit semblaient précisément avoir trouvé une voie pour sortir de la crise et être prêtes à s’unir au nom de la lutte contre le terrorisme, incarné par l’État islamique et le front al-Nosra.

Et, tout comme il y a quatre ans, le catalyseur des événements est une attaque chimique ayant fait des dizaines de victimes civiles.

Que s’est-il passé ?

Tout a commencé par un communiqué de l’agence Reuters en date du 4 avril, citant l’Observatoire syrien des droits de l’homme (The Syrian Observatory for Human Rights), […]

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Traduit par Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARFA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019
Économie

L’adresse aux pauvres

Augmentation des allocations aux enfants handicapés, aide au remboursement de crédits immobiliers, réindexation des retraites inférieures au minimum vital… Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, retransmis en direct par cinq chaînes nationales, le 20 février, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.Invité à commenter le discours du président à l’Assemblée fédérale sur le plateau de la chaîne Rossia 24, le ministre des Finances, Anton Silouanov, a évalué ces mesures de soutien aux plus démunis entre 100 et 120 milliards de roubles par an (entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros).Ces fonds seront dégagés grâce à une « meilleure exécution budgétaire », a précisé M. Silouanov. « Nous avons déjà mis en branle toutes les ressources du Fisc et des Douanes, afin de rendre la gestion de l’argent public encore plus efficace. Nous nous assurerons des recettes supplémentaires en étendant la couverture du tissu économique par le contrôle fiscal, c’est-à-dire en réduisant la part des échanges qui échappent encore à l’impôt, donc en luttant contre la fraude », a-t-il expliqué.Les mesures d’aide aux familles nombreuses, aux propriétaires endettés et aux retraités ne permettront pas d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat des Russes, en chute constante depuis cinq ans.« En outre, toutes les économies réalisées au cours du présent exercice budgétaire, d’ordinaire reportées sur l’exercice suivant, serviront, cette année, à mettre en œuvre les mesures annoncées par le président », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 février 2019

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