Le Courrier de Russie

Syrie : la Russie doit ses succès militaires au Glonass, le GPS russe

Jeudi 2 mars, les forces du régime syrien, soutenues par l’aviation russe, ont repris à l’Etat islamique la ville de Palmyre, ont annoncé les autorités russes. Si la Russie a su remporter des victoires en Syrie sans subir de trop lourdes pertes, c’est avant tout grâce à son système de navigation par satellite Glonass, qui équipe tout son matériel militaire, affirme une étude du Centre d’analyse des stratégies et technologies (CAST), think tank russe spécialisé dans les questions de Défense.

Sur la base aérienne russe de Lattaquié en Syrie. Crédits : ministère de la défense de Russie

Glonass, alias le GPS russe, a notamment permis à la Russie d’utiliser en Syrie des missiles de croisière Kalibr et des bombes guidées par satellite. « Bombes grâce auxquelles l’armée russe a considérablement réduit les dommages collatéraux et les victimes civiles, précise Anton Lavrov, expert militaire et auteur de l’étude. Le système de navigation russe a aussi facilité sensiblement l’orientation des avions militaires dans des territoires inconnus et non peuplés, tels le désert du Sinaï, et accru l’efficacité des opérations menées contre les rebelles, poursuit le rapport du think tank.

Au cours de la campagne syrienne, les Russes ont aussi utilisé largement des drones de leur fabrication, les Orlan-10, également munis du système Glonass. Ces drones ont permis d’augmenter la précision des tirs, mais aussi et surtout d’obtenir, en continu, des informations détaillées et fiables sur les déplacements de l’adversaire, affirme l’étude.

Pour le mois d’avril 2016, les Russes ont perdu dix de ces appareils, sur environ 70 envoyés en mission. Toutefois, souligne le rapport, l’armée russe ne possède toujours pas de drones de longue endurance ni de drones de combat. Un sérieux manque, selon l’expert militaire, sachant que les Turcs en disposent et les utilisent en Syrie.

La Russie s’est lancée dans la création de drones de combat en 2011. Et un prototype a effectué son premier vol en 2014, mais, comme le précise Andreï Lavrov, il faudra attendre encore des années avant sa mise en service.

L’ombre des spetsnaz

Forces spéciales russes. Crédits : ministère de la défense de Russie

Autre explication du succès de la campagne de Syrie, selon le Centre d’analyse des stratégies et technologies : l’action des forces russes d’opération spéciale, qui ont mené des formations auprès des militaires syriens, organisé des embuscades et participé à la destruction de cibles de grande importance stratégique.

Le rapport ajoute que la France, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la Turquie ont également recours à leurs forces nationales d’opération spéciale en Irak et en Syrie, en ce moment, contre Daech.

L’étude conclut en affirmant que, grâce à ses forces d’opération spéciale et au système Glonass, la Russie a pu ne pas envoyer plus de 5 000 soldats en Syrie, et éviter à ces derniers de lourdes pertes. À ce jour, officiellement, 31 militaires russes sont morts en Syrie. À titre de comparaison, la Turquie, depuis le début de sa campagne militaire en Syrie, en août 2016, a perdu 70 soldats.

Palmyre, la reprise

Palmyre, dont les vestiges romains ont été en grande partie détruits, avait été conquise en mai 2015 par l’Etat islamique, puis reprise par le régime syrien en mars 2016. Elle était à nouveau retombée aux mains des djihadistes en décembre 2016.