Le Courrier de Russie

Manifestations en Arménie : « Certains tentent de manipuler ce mécontentement social »

Manifestations à Erevan. Crédits : Karen Mirzoyan/FB/karenmirzoyan.com

Depuis une semaine, les Arméniens protestent contre la décision du gouvernement de Serge Sarkissian d’augmenter le prix de l’électricité, et réclament la libération de 237 manifestants interpellés par la police lundi 22 juin. Andreï Arechev, expert du Centre de recherches sur l’Asie centrale, le Caucase et l’Oural auprès de l’Académie russe des Sciences revient sur ces désordres en Arménie. 

Lenta.ru : Suite à l’agitation qu’avaient provoquée les tragiques événements de Gyumri, les experts s’étaient mis à parler du début possible d’une « révolution orange » en Arménie. Est-ce que nous y sommes ?

Andreï Arechev : Je ne parlerais pas d’une révolution orange ni d’un Maïdan arméniens, parce que dans chaque pays, la situation est particulière, avec une logique et des facteurs intérieurs de développement propres.

Ce que l’on peut dire des événements, en tout cas, c’est que sans aucun doute, ils ne sont pas terminés. Ce serait vrai dans n’importe quel pays, et en Arménie, les facteurs d’agitation sociale et de mécontentement ont davantage d’acuité peut-être que nulle part ailleurs. La raison concrète de cette série de manifestations a été une augmentation, relativement peu importante, d’ailleurs, des tarifs de l’électricité. Mais il faut savoir que ces augmentations sont permanentes et concernent non seulement l’énergie, mais aussi un spectre plus large de biens et services, y compris des marchandises de première nécessité. Ça touche également les prix du gaz, auquel beaucoup de gens ont déjà dû renoncer. Et naturellement, certains tentent de manipuler ce mécontentement social. On essaie notamment de le transformer en mécontentement à l’égard de la Russie, de l’Union économique eurasiatique et, […]