Ukraine : Petro Porochenko en route pour la présidence

Le journaliste ukrainien Aleksandr Tchalenko livre son analyse sur le candidat favori pour la présidentielle anticipée ukrainienne, qui aura lieu le 25 mai prochain.

Un nouvel échiquier politique

L’Euromaïdan de Kiev a changé brutalement le destin de nombreux politiciens ukrainiens : certains ont monté, d'autres ont pris la porte. Si au premier tour, comme l’indiquaient les sociologues à l’automne 2013, le boxeur ukrainien le plus célèbre du monde Vitali Klitschko était deuxième dans les sondages, devançant aussi bien Iatseniouk que Tiagnibok et Tiguipko, sans parler de l’oligarque Petro Porochenko, qui se traînait avec peine en fin de la liste, au deuxième tour, il l’emportait même largement sur Ianoukovitch.Ainsi, c’est lui dont l’Ukraine aurait pu hériter, en 2015, en qualité de nouveau chef de l’État. Mais l’Euromaïdan a rebattu toutes les cartes : la popularité de Klitschko a chuté et aujourd’hui, on ne lui attribue que 9 % des intentions de vote, alors que celle de Porochenko a  fortement grimpé.Petro occupe aujourd’hui, avec ses 25 %, la première place dans les sondages pour la course à la présidentielle. L’électorat orange est visiblement fatigué des révolutions, des Maïdans et du radicalisme et veut des politiciens mesurés, prévisibles, non radicaux – ce qu’est précisément, selon eux, notre oligarque et milliardaire ayant bâti sa fortune sur la production de chocolat, de sucre et d’autobus « Bogdan ».Si l’année dernière, les rêves de Porochenko se limitaient au fauteuil de maire de Kiev, ils atteignent bel et bien aujourd’hui celui de président. Pour Klitschko, en revanche, c’est tout le contraire. En 2013, il s’était même offensé qu’Arseni Iatseniouk propose de faire de lui le candidat unique de l’opposition à l'élection municipale dans la capitale ukrainienne. Pourquoi me contenter de Kiev, disait-il alors, si je peux obtenir toute l’Ukraine en 2015 ?Mais le destin est changeant – désormais, Klitschko n’est plus contre le fait de se satisfaire de la mairie. Ce qui explique que lui aussi a soutenu, en congrès du parti Oudar, la candidature de Porochenko à la présidence. Et de son côté, ce dernier le soutient pour la municipale. Désormais, le milieu politique à Kiev est donc divisé entre les partisans de Porochenko et ceux de Timochenko, dont les sondages – 8 % – sont trois fois inférieurs à ceux du « roi du chocolat ».Cependant,

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Traduit par Julia Breen

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