Slaviansk : « Nous sommes des gens ordinaires »

Rencontre avec les « défenseurs » de Slaviansk, ville de la région de Donetsk investie depuis samedi 12 avril par des activistes pro-russes.


Le site d’information russe Sputnikipogrom.com a rencontré, le 13 avril, les « défenseurs » de Slaviansk, cette ville de la région de Donetsk investie depuis samedi 12 avril par des activistes pro-russes.

Le journaliste : Qui êtes-vous ? : c’est la question que tout le monde se pose. Pour les autorités ukrainiennes, vous seriez des membres des forces spéciales russes…

L’homme en noir : Mais non, nous sommes des gens ordinaires, des travailleurs et chômeurs de la région. Nous avons commencé à lutter car nous en avons marre de vivre comme ça. On n’a rien à voir avec les forces spéciales russes, nous représentons la milice populaire de Donetsk. Notre drapeau est d’ailleurs accroché un peu plus loin.

Le journaliste : Que faites-vous dans la vie ?

L’homme en noir : Je suis dans le bâtiment.

Le premier homme en uniforme : Je travaille à l’usine.

Le deuxième homme en uniforme : Je suis ancien militaire et, en ce moment, menuisier.

Le journaliste : Vous êtes donc des travailleurs ordinaires ?

Le deuxième homme en uniforme : Exactement !

Le premier homme en uniforme : Nous sommes des citoyens qui en avons marre de cette situation, de la hausse des prix…

L’homme en noir : Les prix augmentent, l’activité économique est à l’arrêt. Et puis, ils veulent exploiter ce gaz de schiste, qui va empoisonner notre eau. Ce sera un deuxième Tchernobyl ici !

Le journaliste : Vos actions sont-elles liées avec le mouvement de Maïdan ?

Le premier homme en uniforme : Nous l’avons observé avec patience. Ce sont eux qui ont commencé cette guerre, pas nous !

Le deuxième homme en uniforme : Au début, nous n’étions pas contre Maïdan, mais lorsque le sang a coulé et qu’ils ont pris le pouvoir, ils nous ont tourné le dos. De manière générale, ils ont toujours regardé l’Europe, et nous, on ne voyait que leur cul. Aujourd’hui, ils veulent nous exterminer, nous. C’est nous qui passons pour des « terroristes » !

L’homme en noir : Terroristes, séparatistes, agresseurs…

Le deuxième homme en uniforme : Qu’ils nous appellent comme ça leur chante, mais nous, nous vivons chez nous. S’ils n’ont pas besoin de nous, qu’ils nous laissent partir ! Ou mieux : qu’ils détachent la partie ouest de l’Ukraine et la donnent à la Pologne, ça arrangera tout le monde !