Le Courrier de Russie

Pierre Ier de Russie, visiteur discret des Belges

Pierre Ier Interrogeant Alexeï Petrovitch Crédits : Wikimédia

« Saint-Pétersbourg », « Pierre Ier de Russie», « fenêtre sur l’Europe » : les formules mettent la puce à l’oreille, évoquant immédiatement les liens indissolubles qui unissent la Russie et l’Europe. Le 21 juin prochain, un événement unique marquera ce rapprochement historique : une statue à l’effigie de l’empereur de toutes les Russies sera érigée en Belgique, sur la place Saint-Pierre de Liège – en plein cœur de la ville.

À l’origine du projet, un homme : Valeri Dvoïnikov. D’origine russe et Liégeois d’adoption depuis plus de 20 ans, ce jeune et ambitieux employé de la commune s’efforce depuis quelques années de réunir les cultures belge et russe, par le biais de ses nombreuses activités politiques et artistiques. « En 2016, j’ai créé la fondation Pierre le Grand, afin d’insuffler un nouvel élan aux échanges russo-européens, malgré les relations actuelles difficiles », partage-t-il, un sourire optimiste aux lèvres. Mais pourquoi à Liège ? « La ville et sa province sont au carrefour de l’Europe, de par leur situation à la frontière entre la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Grand-Duché de Luxembourg », rappelle Dvoïnikov.

« Ce Russe aux mœurs étrangères »

Le tsar Pierre Ier, connu pour s’être inspiré de l’Occident afin de moderniser la Russie et en faire une grande puissance, était un hôte régulier des villes européennes. Il s’est rendu chez le prince de Liège il y a tout juste 300 ans, avant de rejoindre la ville voisine de Spa, célèbre pour ses eaux thermales.

« La nouvelle de l’arrivée du tsar ne réjouissait pas spécialement Joseph-Clément de Bavière, prince-évêque de la province de Liège, raconte Valeri Dvoïnikov. Au fur et à mesure que les sept bateaux de l’empereur s’approchaient de la ville par la Meuse, le prince belge prenait conscience des dépenses que le séjour de ce Russe aux mœurs étrangères et venu de si loin allait engendrer !  […]