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Qu’attendre de la rencontre Poutine – Macron à Paris le 29 mai ?

Le Kremlin et l’Elysée l’ont confirmé : Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se rencontreront à Paris le 29 mai dans le cadre de l’inauguration de l’exposition consacrée au voyage de Pierre le Grand en France en 1717. Que signifie cette visite et comment envisager l’avenir des relations franco-russes sous la présidence Macron ? Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe, fait le point.

Les deux chefs d’Etat se rencontreront à Versailles le 29 mai dans le cadre de l’inauguration de l’exposition consacrée au voyage de Pierre le Grand en France en 1717. Crédits : Wikimédia

Le Courrier de Russie : L’annonce de la visite de Vladimir Poutine en France, lundi 22 mai, a eu l’effet d’une surprise. Que représente cette rencontre ?

 Arnaud Dubien : Cette visite du président Poutine en France est inattendue, mais aussi très logique.

Tout d’abord, elle se déroule dans le cadre d’une exposition fortement symbolique, consacrée à la visite de Pierre le Grand en France et liée au tricentenaire des relations diplomatiques franco-russes. Et on sait l’importance du premier empereur de toutes les Russies pour le Pétersbourgeois qu’est Vladimir Poutine. En outre, Pierre le Grand incarne et rappelle le choix européen de la Russie.

Dans le même temps, personne ne s’attendait à cette visite : à ce que ce premier contact physique entre les dirigeants russe et français soit établi si rapidement. On pensait que cette première rencontre aurait lieu en marge du G20, à Hambourg, en juillet.

D’une part, le fait de recevoir le « tsar russe » à Versailles confirme la volonté d’Emmanuel Macron de « re-présidentialiser » sa fonction, voire, diront certains, de la « re-monarchiser ». D’autre part, cette rencontre me semble marquer une volonté du nouveau président français de prendre ses distances avec son prédécesseur.

On se souvient de l’annulation de la visite de Vladimir Poutine à Paris, en octobre dernier, suite aux tensions entre les deux pays autour de la question des bombardements russes et syriens sur Alep. Le président russe devait y inaugurer le Centre spirituel et culturel orthodoxe du quai Branly.

Et cet effet de contraste entre Emmanuel Macron et François Hollande n’est pas anodin. La question, désormais, est de savoir si cette tendance va, ou non, se prolonger sur d’autres dossiers.

LCDR : Comment est plus généralement accueillie l’élection d’Emmanuel Macron en Russie ?

A.D. : La nouvelle a  été une surprise pour Moscou, mais pas forcément une bonne. En tout cas par-rapport à ce que l’on attendait – et espérait – il y a encore quelques mois.

C’est un secret de polichinelle – le premier choix de la Russie était François Fillon, notamment parce qu’il incarnait un certain retour à une ligne gaulliste en politique étrangère. On sait que la Russie est sensible à ce positionnement de la France, indépendant et équidistant entre Moscou et ses alliés traditionnels.

Ensuite, il y a eu une mise assez hasardeuse sur Marine Le Pen, reçue par Vladimir Poutine en mars dernier.

Emmanuel Macron n’était assurément pas le premier choix de la Russie, et peu de gens ici pensaient qu’il serait élu.  À la décharge des Russes, d’ailleurs, ils ne sont les seuls à avoir été surpris par le scénario des élections françaises…

LCDR : La nomination de Philippe Étienne comme conseiller diplomatique et Jean-Yves Le Drian aux Affaires étrangères est-elle un bon signe pour Moscou ?

A.D. : C’est un peu prématuré de le dire mais en tout cas, le conseiller diplomatique et le ministre des affaires étrangères sont les deux personnes qui auront le plus à s’occuper de la Russie au sein de l’administration française.

On sait que Philippe Étienne était attendu à Moscou, en tant qu’ambassadeur, dès le mois de juin. Il connaît la Russie pour y avoir travaillé début des années 1990 et parle assez bien russe. Le nouveau conseiller diplomatique n’est pas hostile à la relation franco-russe, à la différence d’autres personnes pressenties au poste. De ce point de vue, l’arbitrage du président Macron est plutôt encourageant pour la relation franco-russe et pour la politique étrangère française dans son ensemble.

Quant à Jean-Yves Le Drian, les Russes le connaissent pour l’avoir « pratiqué » à son poste précédent, en tant que ministre de la défense. Ces dernières années, M. Le Drian a abordé la Russie à travers des dossiers assez problématiques, comme la Syrie, sur laquelle les deux pays ont des positions tout à fait opposées. Et de ce point de vue, l’expérience russe du nouveau chef de la diplomatie n’est pas forcément très positive.

Il faut pourtant retenir que M. Le Drian est un ministre qui connaît bien les affaires internationales, un pragmatique, qui mettra en œuvre la ligne donnée par le nouveau président, qui souhaite, à priori, restaurer le dialogue franco-russe, ou, en tout cas, discuter avec la Russie.

Poutine et Macron se rencontreront à Paris le 29 mai

Le président russe Vladimir Poutine se rendra à Paris le 29 mai prochain, à l’invitation du nouveau président français Emmanuel Macron, a annoncé l’Élysée lundi 22 mai.

Emmanuel Macron recevra Vladimir Poutine dans le château de Versailles, au Grand Trianon, à l’occasion d’une exposition consacrée à Pierre le Grand, dans le cadre du tricentenaire de la visite du tsar en France, précise l’Élysée.

Selon un communiqué du Kremlin en date du 22 mai, les discussions entre les deux chefs d’État porteront sur l’état et les perspectives de développement des relations franco-russes dans les sphères politique, économique et culturelle. Les deux parties échangeront aussi sur les grandes questions internationales et régionales actuelles, et surtout sur la lutte contre le terrorisme et le règlement des crises syrienne et ukrainienne.

Rappelons que la première conversation téléphonique entre les deux présidents a eu lieu le 18 mai.

Propos recueillis par Manon Masset

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  1. Il vaut la peine de s,entendre avec la Russie,c’est un peuple qui pour moi mérite l’amitié de tous,Ils ne sont pas assez connus des pays occidentaux c,est pour ca qu’il y a des differends difficiles a régler quelques fois.

  2. Oui! J’accepte cette relation,mais ces deux pays devraient aider Haïti,en qualité de bourses d’étude.

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