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« La France doit cesser de souffrir de sa présence dans la zone euro »

« La France doit cesser de souffrir de sa présence dans la zone euro »

Quelle sera la tâche principale d’Emmanuel Macron au poste de président de la République ? La France deviendra-t-elle un joueur comme un autre au sein de l’équipe européenne ? Paris saura-t-elle mettre en œuvre une politique économique commune avec Berlin ? Timofeï Bordatchev, directeur du Centre d’études européennes et internationales au sein de l'École des hautes études en sciences économiques de Moscou, propose des pistes de réflexion.Le Courrier de Russie : Que pensez-vous de la victoire d’Emmanuel Macron aux présidentielles françaises ?Timofeï Bordatchev : Cette victoire démontre que les élites françaises ont su se souder à un moment décisif, et proposer à la population un candidat nouveau, non lié aux cercles politiques traditionnels, décrédibilisés auprès des électeurs.LCDR : M. Macron a pourtant été ministre dans le gouvernement de François Hollande…T.B. : Certes, il a été ministre de l’économie, mais il n’a jamais été un bureaucrate de parti, il n’a pas été formé au sein du Parti socialiste, comme François Hollande, justement. Emmanuel Macron est issu du secteur privé. Et lors de son ministère, il est apparu comme un individu capable de prendre des décisions, notamment en faisant voter une loi qui était nécessaire pour sortir l’économie française de la crise qu’elle traverse.LCDR : Qu’est-ce que l’issue de ces élections nous apprend sur les Français ?T.B. : Ces présidentielles montrent d’abord que, pour une majorité de Français, le développement économique de leur pays importe plus que son positionnement géopolitique. Nous apprenons aussi que le peuple français reste largement favorable à l’idée de l’intégration européenne, qu’Emmanuel Macron aura pour mission d’élargir et de renforcer. Sa victoire montre enfin que les Français ne veulent pas de changements brutaux, ils tiennent aux avantages qu’ils tirent de leur présence dans l’Union européenne et ne veulent pas y renoncer. Néanmoins, 40 % des électeurs ont voté au premier tour pour deux candidats radicaux : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. C’est un signe très inquiétant : ces 40 % de Français sont mécontents de tout, et ils l’ont bien fait savoir. C’est un ras-le-bol dont Emmanuel Macron devra tenir compte.

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Propos recueillis par Inna Doulkina