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Le Pen Marine

Vu de Russie : Le Pen et la tentation du Frexit

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a promis que si elle était élue pour diriger la France, le pays quitterait l’Union européenne et la zone euro, et inviterait les autres membres à la suivre. Les sondages la placent aujourd’hui au second tour de l’élection présidentielle en France. Les eurosceptiques peuvent-ils avoir une influence sur l’avenir de l’UE ? Kommersant s’est posé la question.

Le Pen Frexit
Marine Le Pen souhaite le retrait de la France de l’Union européenne. Crédits : Blandine Le Cain/Flickr

La candidate du FN, qui se revendique eurosceptique et promet de relever la France, a dévoilé cette semaine les détails de son programme. Elle souhaite faire sortir le pays de la zone euro et propose d’organiser un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne. Pour Mme Le Pen, ces mesures sont indispensables pour « retrouver la souveraineté nationale » de la France.

« L’UE n’a tenu aucune de ses promesses, tout particulièrement sur la prospérité et sur la sécurité. Elle nous a mis sous tutelle, tenus en laisse courte. L’UE nous enchaîne, nous limite. Je me suis entretenue avec nos partenaires européens à ce sujet et ils sont nombreux à partager mon avis », a-t-elle déclaré.

Sachant que ces derniers temps, Marine Le Pen gagne assez rapidement des points dans les sondages face aux autres candidats à la présidence, les sociologues la voient même arriver en tête au premier tour. La victoire finale devrait néanmoins lui échapper au profit de l’ancien ministre de l’économie, Emmanuel Macron, qui pourrait l’emporter avec 65 % des voix. Sergueï Strokan, journaliste et expert politique pour le quotidien Kommersant, note que Mme Le Pen s’inspire dans ses discours, non sans succès, d’une autre figure politique célèbre – Donald Trump. Ce qui explique, selon l’observateur, sa popularité croissante.

« L’image terne de Marine Le Pen n’a repris des couleurs qu’après l’élection américaine. Ainsi, les électeurs [en France] devront se demander s’ils veulent d’une Madame Trump à l’Élysée…. Je doute qu’une majorité des Français répondent à la question oui »,  ajoute Strokan.

Toutefois, la plupart des experts avaient échoué à prédire la victoire de Donald Trump lui-même, tout comme l’issue du référendum sur le Brexit, et il n’est donc pas impossible que les eurosceptiques arrivent au pouvoir en France. Mais, tempère Tatiana Parkhalina, présidente de l’Association pour la coopération euro-atlantique, rien ne permet d’affirmer que la France suivra la voie de la Grande-Bretagne en votant un « Frexit » en cas de victoire de Le Pen.

« Nous ne savons pas comment Marine Le Pen se comportera en cas de victoire. N’oublions pas que la France, à l’instar de l’Allemagne, s’est énormément investie dans le projet européen, le plus abouti dans l’histoire du continent et dont l’objectif principal est atteint : empêcher que les pays européens se fassent la guerre », souligne-t-elle.

Une éventuelle dissolution de la zone euro fait l’objet de débats depuis longtemps, et les élections française et néerlandaise de 2017 joueront un rôle clé à cet égard, suppose tout de même le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Aux Pays-Bas, en effet, le Parti pour la liberté, populaire et eurosceptique, est le grand favori des législatives à venir. Cependant, objecte Olga Pavlenko, doyenne de la faculté des relations internationales de l’Université d’État des sciences humaines de Russie, l’Union européenne n’est pas pour autant condamnée.

« Le budget de l’UE est fixé jusqu’en 2020. Des fonds colossaux et des intérêts majeurs sont en jeu. En revanche, on assistera peut-être à une modification du système de prise de décisions qui pourrait être transformé pour donner davantage d’autonomie à chacun des pays-membres », concède l’experte.

Les observateurs sont d’ailleurs unanimes à constater cette aspiration des pays membres de l’UE à plus de souveraineté. Après le référendum britannique, le quotidien The Washington Post avait publié une liste de six autres pays susceptibles de mettre au vote une éventuelle sortie de l’UE : il s’agissait de la Suède, de la Grèce, de la Hongrie, du Danemark, des Pays-Bas et, évidemment, de la France. Selon un sondage récent, un Français sur trois a en effet une mauvaise image de l’Union.

Traduit par Stéphane Dumortier

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