Diplômes universitaires : accord de reconnaissance mutuelle entre la France et la Russie

Désormais, la Russie reconnaîtra les diplômes français et vice-versa


L’ambassadeur de France en Russie Jean-Maurice Ripert et le ministre russe de l’éducation et des sciences Dmitri Livanov ont signé, lundi 29 juin, un accord intergouvernemental sur la reconnaissance mutuelle des diplômes, qualifications et grades universitaires.

Crédits: Ministère russe de l’éducation
L’ambassadeur de France en Russie Jean-Maurice Ripert (à droite) et le ministre russe de l’éducation et des sciences Dmitri Livanov / Ministère russe de l’éducation

Désormais, la Russie reconnaîtra les diplômes français et vice-versa. La reconnaissance concerne également tous les autres niveaux d’éducation : de l’enseignement secondaire aux études supérieures. En pratique, à titre d’exemple, les étudiants russes ayant terminé une première année de master en Russie pourront, sans barrières administratives, postuler pour entrer en deuxième année de master en France. « Et inversement pour les étudiants français : c’est-à-dire que le fait que les étudiants soient russes ou français n’a plus aucune importance : ils pourront postuler dans les mêmes conditions que les étudiants du pays », a précisé au Courrier de Russie l’attaché de coopération universitaire à l’ambassade de France en Russie, Guillaume Garreta.

Sont également reconnus de niveau comparable le diplôme russe d’enseignement professionnel secondaire et le BTS (brevet de technicien supérieur) ou le DUT (diplôme universitaire de technologie) français ; le diplôme de bakalavr russe (délivré au bout de quatre ans d’études supérieures) et la licence française ; le diplôme de spécialiste (cinq ans d’études supérieures)  ou le master russes (six ans) et le master français ; le grade russe de candidat en sciences et le doctorat français.

Ces innovations doivent  faciliter la vie des étudiants russes et français. Jusque-là, certains devaient en effet suivre un véritable parcours du combattant pour faire reconnaître leur niveau d’études dans le pays-hôte. « Par exemple, de nombreux étudiants français devaient passer devant des commissions spécifiques en Russie pour faire reconnaître leurs trois premières années d’études dans les classes préparatoires et grandes écoles en France comme étant l’équivalent d’un bakalavr en Russie – et même chose, à l’inverse, pour les Russes d’ailleurs », indique Guillaume Garreta.

Aujourd’hui, environ 2000 Russes vont en France chaque année suivre des études « longues » (supérieures à trois mois), contre seulement quelques centaines d’étudiants français qui viennent en Russie, a précisé pour sa part l’ambassadeur de France en Russie.

« Cet accord permettra d’accélérer la création de programmes de doubles diplômes avec une formation duale, a souligné l’ambassadeur. Et c’est un signe que, malgré les difficultés qu’elles traversent, la France et la Russie sont déterminées à continuer à travailler ensemble et que nous restons des partenaires importants », a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre russe de l’éducation et des sciences Dmitri Livanov a qualifié cette signature « d’événement de premier plan dans les relations franco-russes, que les représentants des milieux académiques français et russe attendaient avec impatience ». Le ministre a précisé que cet accord levait les obstacles à la réalisation de projets éducatifs franco-russes et aux échanges universitaires.

Par ailleurs, Jean-Maurice Ripert et Dmitri Livanov ont également signé l’accord bilatéral « Programme Hubert Curien – Kolmogorov », destiné à soutenir financièrement les recherches communes franco-russes.

Le projet d’accord de reconnaissance des diplômes, qui doit contribuer au renforcement des relations dans la sphère de la formation et des sciences entre les deux pays, avait été initié lors d’une rencontre entre l’ambassadeur de France et le ministre Livanov fin 2012, puis abordé par les présidents russe et français lors de leur rencontre à Moscou, le 28 février 2013. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev avait enfin entériné une première version de l’accord, le 17 octobre dernier.

L’entrée en vigueur de ce document abolira le précédent Accord franco-russe de reconnaissance mutuelle des grades universitaires, en date du 12 mai 2003, qui ne portait que sur le doctorat.