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#ImpactJournalism – Yacouba Sawadogo, l’homme qui a stoppé le désert grâce aux termites

À 184 km de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, s’étend, sur 25 hectares, la forêt de Gourga. Même en pleine saison sèche, la végétation de cette partie du nord du pays impressionne et attise la curiosité. Comment une forêt a-t-elle pu pousser dans une zone si aride ?

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Yacouba Sawadogo devant la forêt qu’il a plantée. Crédits : L’Économiste du Faso

Confronté depuis quelques décennies à une baisse constante des précipitations couplée d’une forte pression démographique, le nord du Burkina Faso connaît une dégradation progressive de l’environnement et une régression des rendements agricoles. Selon les données de l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD), la région constitue l’une des trois zones du pays où la dégradation des sols est la plus forte, avec un indice de 3,1 sur 5. La situation est alarmante. En tout, 74,1 % des 273 828 km² de terres du Burkina sont affectées par la désertification et la sécheresse. Comment cette zone peut-elle abriter une forêt ?

Il s’agit de l’œuvre de Yacouba Sawadogo, 80 ans, surnommé « l’homme qui arrêta le désert ». Pour cette tâche herculéenne, il a trouvé une idée innovante : le zaï. « À la fin des années 1960, des prédicateurs ont annoncé que nous serions confrontés à une sécheresse sans pareille dans notre localité. Face à ce malheur à venir, j’ai décidé de laisser tomber mon commerce de pièces détachées pour me lancer dans l’agriculture. Afin de comprendre comment la nature se régénère, j’ai sillonné deux ans durant les terres de mon village, souvent à pied, souvent à cheval. »

C’est au bout de ces deux ans de « communion » avec la terre que lui est venue l’idée du zaï, une technique qui consiste à préparer le sol en saison sèche. Pour ce faire, il y creuse de petits trous qu’il emplit de déchets organiques. Ces déchets attirent les termites, naturellement présentes dans cet environnement. En s’installant dans les petites cavités, les termites creusent des galeries, qui retiennent l’eau au moment de la saison des pluies. Il ne reste ensuite qu’à semer.

Mais l’innovation ne s’arrête pas là. Au fi l des saisons, Yacouba Sawadogo est passé maître dans la technique du zaï. C’est désormais de la matière organique composée de compost ou de fumier associé à des tiges de mil concassé qu’il place dans ses petits trous. Et quand il plante, il ajoute aux graines pour son champ des semences d’arbres.

Le coup de poker devient un véritable coup de maître. La petite expérience de Yacouba se transforme peu à peu : en bordure de son champ se dresse désormais une forêt. Elle s’étend sur 25 à 27 hectares, selon les estimations GPS. Les arbres attirent de nombreux oiseaux, qui, à leur tour, transportent de nouvelles graines et contribuent à la diversification faunique. C’est ainsi qu’on retrouve dans la « forêt de Yacouba » des espèces végétales locales courantes. « J’ai semé des graines d’arbres qui avaient disparu de la région. Et aujourd’hui, ils ont poussé, et des experts viennent de la capitale pour les étudier ! », explique le vieil homme, non sans fierté.

Les animaux ne sont pas en reste. Au fil de la promenade dans ces bois, on remarque, placés çà et là, de petits canaris. Il s’agit en réalité d’abreuvoirs pour les oiseaux, rongeurs, reptiles et lièvres que la forêt abrite. Un véritable écosystème au milieu de cet espace aride.

La forêt de Gourga menacée

Reportage sur Yacouba Sawadogo.

Afin de pérenniser cet acquis, M. Sawadogo a décidé de partager sa technique pour la faire connaître au plus grand nombre. Ainsi est née, dans son village natal de Gourga (à 4 km à l’ouest de la commune urbaine de Ouahigouya), une mini-foire baptisée « marché zaï ».

La manifestation accueille aujourd’hui des producteurs venus des quatre coins du pays. Y sont présentés des variétés et des outils adaptés au zaï, et des échanges sont organisés sur diverses thématiques et innovations en matière de production agricole, mais aussi sylvo-pastorale. L’initiative a même abouti à la création de l’Association des groupements zaï pour le développement du Sahel.

Cependant, une menace plane sur cette réserve. « Aujourd’hui, je lance un cri du cœur aux autorités de ce pays. Le lotissement est en train de détruire cet écosystème », alerte M. Sawadogo. Depuis quelques années, la ville voisine s’est en effet étendue jusqu’au village de Gourga, et l’urbanisation a atteint la forêt. Des parcelles à usage d’habitation ont été découpées à l’intérieur, et les travaux de construction de certaines ont débuté.

Une véritable « calamité », selon l’innovateur, qui espère être entendu des responsables politiques.

Sandrine Sawadogo

L’Économiste de Faso, Burkina Faso

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