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Haut-Karabagh : Stepanakert sous les bombes

Haut-Karabagh
Stepanakert sous les bombes
Reportage

Stepanakert, Haut-Karabagh, le 31 octobre 2020. Un aîné de 89 ans s'abrite dans un sous-sol du centre de la ville.

Deux mois après le déclenchement des hostilités, les combats s’intensifient dans le Haut-Karabagh. Les forces armées azerbaïdjanaises, déployées sur plusieurs fronts, cherchent à isoler la région séparatiste de l’Arménie. Le photographe franco-américain Jonathan Alpeyrie nous livre son témoignage depuis Stepanakert, la capitale de la république autoproclamée d'Artsakh, où il travaille depuis dix jours.

Pouvez-vous nous décrire la situation à Stepanakert ?

Jonathan Alpeyrie : Après une légère accalmie il y a quelques jours, les bombardements ont repris de plus belle. La ville est quasi déserte. Il y a beaucoup de militaires, et les blessés affluent sans discontinuer dans les hôpitaux. Une grande partie des civils a fui, mais ceux qui restent demeureront jusqu’à la fin. Ils ne quitteront pas leur maison, ils défendent leur ville. C’est la même chose dans les villages avoisinants ou près de la ligne de front : beaucoup s’accrochent à leur village, à leurs montagnes. Beaucoup sont armés, en treillis militaire, prêts à se battre. 

Par ailleurs, un minimum de vie économique se maintient. Quelques magasins sont ouverts, de même que des hôtels – qui accueillent essentiellement les rares journalistes qui ne sont pas partis. Globalement, la ville est vide ; les rares voitures qui passent transportent des militaires. 

On rencontre aussi des volontaires en provenance d’Arménie. Ils arrivent par centaines. On les reconnaît à leur barbe, qui les distingue des soldats de l’armée régulière. D’autres viennent de l’étranger : d’Iran, du Liban, de Syrie. Peut-être quelques-uns de France ou des États-Unis, mais ils sont très minoritaires. Le transfert depuis Erevan se fait via le corridor de Latchine, une route montagneuse qui relie l’Arménie à la région séparatiste. L’armée azerbaïdjanaise pilonne actuellement ce cordon, et Stepanakert pourrait très rapidement se retrouver isolée du reste du monde.

Soldats séparatistes arméniens sur le front de Martakert, dans le Haut-Karabagh.
Photo : Jonathan Alpeyrie

Quel est le moral des troupes arméniennes ?

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