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Les Russes de New York : derrière Trump malgré la Covid

Les Russes de New York
Derrière Trump malgré la Covid

Inna Barmach-Jourbina, avocate, et son mari Leva Jourbine, musicien

Selon le Bureau du recensement des États-Unis, 600 000 Américains russophones vivaient à New York en 2019, soit 8 % de la population de la ville. Si l’on inclut la banlieue, le chiffre dépasse 1,6 million. À la veille de la présidentielle et en pleine pandémie de Covid-19, nous sommes allés à la rencontre d’émigrés russes arrivés à New York au tournant des années 1990.

Pour beaucoup d’immigrés, tout commence par un coup de foudre… « En 1990, j’étais venu rendre visite à des amis. Mais quand j’ai vu Times Square, j’ai flashé ! Je suis tombé amoureux de la ville. Je devais vivre ici, c’est ici que je réussirais ! », se remémore Vlad Lavrinovitch,  aujourd’hui agent artistique et propriétaire du restaurant Steak and Lobster.

Une histoire proche de celle d’Alexandre Gertsman. En 1992, directeur d’un cabinet d’architecture à Dnipropetrovsk, il s’envole pour New York, visa touristique et 200 dollars en poche. Une fois sur place, il décide de rester. Clandestinement. « J’ai fait tous les jobs au noir possibles et imaginables, se rappelle celui qui tient aujourd’hui une prestigieuse galerie d’art contemporain à Manhattan. Avec le temps, j’ai pu régulariser ma situation avant de dénicher un emploi de gardien au musée Guggenheim. C’était un peu humiliant, pour l’architecte que j’étais, de me retrouver planté dans une salle à surveiller les visiteurs… Mais j’ai survécu ! Je me suis fait des contacts, et c’est à cette époque qu’est née ma vocation de collectionneur. » Aujourd’hui, il est spécialisé dans les peintres russes...

Vlad Lavrinovitch, agent artistique et propriétaire du restaurant Steak and Lobster

Pour d’autres immigrés, Big Apple a d’abord été synonyme de refuge, d’espoir et de liberté. « Entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, tous ceux qui le pouvaient sont partis [d’URSS], témoigne Inna Barmach-Jourbina, avocate et chanteuse originaire de Vilnius, en Lituanie. La période était instable, l’avenir incertain, on ne se demandait pas s’il fallait émigrer – mais quand et où ? »

« Quand nous, les Juifs de Riga, avons commencé à voir défiler en ville, le soir, les nationalistes lettons avec leurs torches et leurs croix gammées, nous avons compris qu’il était temps de faire nos valises… », témoigne de son côté Anna Gourvitch, esthéticienne. En Amérique, les premiers temps ont été durs : « Les réfugiés touchaient une petite aide financière… Ce n’était pas grand-chose : à un moment, je me nourrissais d’une banane par jour ! », raconte Tatiana Komarova, assistante dentaire. « Je récupérais les gâteaux périmés de la pâtisserie où je travaillais ! »,

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